08 - Macaron - chapitre 8 - Tournants de carrière

  Il y a comme ça des moments où l'on sent une espèce de conjonction idéale flotter dans l'air.  Une poignée de rayons de lumière, une musique inattendue et belle aux accents de basses puissantes, des noms, des signes, des envies, un jardin, des tâches, le bonheur de vivre, et soudain...  Saturne, Vénus, Mars, Jupiter, la Terre...  Les alignements de planète, il y en a tout le temps.  Il suffit de savoir les déceler, de savoir ce à quoi ils sont destinés.

Et Macaron était dans l'un de ces moments-là.  Un soleil d'automne perçait à travers la fenêtre du Coffeeshop Atlas, quelque part au nord d'Amsterdam, et plus précisément sur la rive Nord de l'IJ, dans le quartier du Jeugdland.  C'était un coffee de blacks.  

Macaron, plus jeune, aurait un peu redouté ce genre d'endroit, les différences font toujours peur...  Mais à son âge, et après avoir vu tout ce qu'il avait vu, il pouvait désormais se permettre de laisser traîner ses guêtres et ses frusques mal repassées dans toutes les périphéries de sa ville adorée entre mille.  Et puis depuis ce malheureux épisode d'herbe envolée, volatilisée, un soir d'incident de quartier peu de temps avant le Coup de Soleil, il n'avait pas beaucoup fumé d'herbe jusqu’au Paradox et Anja, la veille.  On a déjà raconté comment il eut une nuit courte, passée sous la pluie à côté de plusieurs embarcadères des navettes fluviales gratuites, à attendre la belle pendant des heures en regardant les flots de touristes aller et venir à cet endroit très fréquenté d’Amsterdam.  Il était impatient d'en tâter à nouveau.  Oublié pour l'instant son divorce, oubliée la belle Inès, oubliées tous ses amours tragiques du passé, oubliés ses désirs de fols avenirs, il parvenait enfin à se tourner un peu vers le présent, tout simplement.  Il trouvait un bonheur particulier en ce premier retour à Amsterdam après l’incident planétaire.

Ses cheveux s'étaient aussi beaucoup allongés depuis le tout récent décret, passé juste le lendemain du Coup de Soleil (le 22 juillet, donc), élargissant la liste des appareils ménagers relevant de la réglementation dite "simplificatrice de la vie quotidienne" du 22 janvier 20?8 et relative aux économies et restrictions liées à l'énergie.

Par ce décret, les fers à repasser, les sèche-linges, les rasoirs électriques, les tondeuses électriques de coiffeurs, les taille-haies (électriques ou à essence), les jeux de flippers électriques, les pompes des systèmes de distribution et de filtrage de l'eau des piscines privées (électriques ou à essence), les motocyclettes et véhicules deux-roues de toute nature, les lampadaires non conformes aux nouvelles lois de respect de la nuit non polluée, et des centaines d'autres accessoires de confort énergivores devenus au fil du temps indispensables alors qu'il n'en était rien, avaient rejoint au plus profond des oubliettes les piscines chauffées en extérieur, les objets dits "en plastique" (ou tout matériau dérivé de la chimie du carbone sauf pour certaines normes de sécurité ou de solidité particulière), les guirlandes extérieures de maisons individuelles et autres enseignes lumineuses nocturnes de toutes sortes, commerciales ou privées...  Il n'y avait pas de couvre-feu, mais tout citoyen qui se promènerait la nuit, à bicyclette ou à pieds ou à cheval à la rigueur, se devrait de porter un gilet et un casque phosphorescents.

Par la même occasion (ce qui avait fait passer la pilule auprès des classes populaires) on réduisait le temps de travail à 28 heures par semaine en imposant cette fois que les heures perdues par l'entreprise ou l'établissement public soient intégralement compensées par des embauches complémentaires.  Et on avait fait passer la pilule des 28 heures auprès des patrons et des directeurs en exonérant la majeure partie des outils de leurs entreprises de la loi dite "simplificatrice de la vie quotidienne".  Ceux-ci étaient à peu près conformes aux normes environnementales depuis une trentaine d'années à présent.  Certaines machines étaient énergivores bien sûr, les ordinateurs et les data-centers en premier chef, évidemment, mais rien de tout cela n'était interdit; leur détention était soumise à des taxes locales qui pouvaient être proportionnelles, selon le principe du pollueur-payeur.  Et cette pilule-là avait été administrée depuis belle lurette sous forme d'un suppositoire dans les années 2000, dont les effets commençaient enfin à se réveiller par la multiplication soudain effarante et le durcissement des gouvernements verts de la planète à la suite du modèle français.

Après tout, ce n'était qu'affaire de mode, une mode que les dirigeants européens de l'époque surent lire et anticiper; et tout, du cinéma aux architectes, en passant par les stylistes visagistes et les grands couturiers, bascula dans une sorte de sauvagerie passéiste où le style était très babacool (cheveux plus longs et vêtements plus amples, plissés, faits de tissus naturels issus d'une agriculture biologique respectueuse de l'environnement).  Et les gens se parlaient aussi.  Des gens qui ne se parlaient pas avant.

Alors c'est sur une table de bois, écoutant cependant à un volume assez puissant quelque reggae contemporain de belle nature, que Macaron, solitaire, son joint et son café épuisés et son poème achevé, tapait des deux mains.

Tous, que ce soit l'audio professionnel, la diffusion du son, ou l'industrie des enregistrements et du spectacle vivant de la scène musicale internationale, étaient exemptés de taxes écologiques.  Mais les normes techniques s'étaient beaucoup durcies pour faire évoluer les outils (tables de mixages, enceintes, amplis, effets...) vers un usage plus important de la fibre optique et des opérateurs à Q-bits et les nouvelles unités de stockage sur ADN qui commençaient à peine d'être commercialisés, nettement moins énergivores que les composants électroniques à semi-conducteurs d'autrefois.

Macaron tapait des deux mains sur une table de hêtre, et, tout comme une fois que l'on sait conduire une bicyclette, on le sait pour le reste de sa vie, ses cours de batterie suivis à l'adolescence lui servaient à présent à montrer trente ans plus tard, en territoire de spécialistes du genre, qu'il était à ses heures un percussionniste tout à fait acceptable.  Main gauche, main droite, tap, tap, taptap.  Et la musique avançait, variait, accélérait, ralentissait au fil des morceaux d'une playlist qui semblait infinie, et Macaron tapait toujours à s'en faire mal aux paumes.  Les deux ou trois gugusses blacks qui traînaient dans le coffee à l'heure du déjeuner appréciaient et fumaient de plus belle, oubliant pour l'instant de manger.

Tadaptap, tap taptaptap tadapt...  Et encore et encore et encore, morceau après morceau, bouffée après bouffée, rasade de double-croches après rasade de double-croches.

Le ton de la musique se durcit quelque peu, alors Macaron, fatigué, qui battait bien depuis une bonne heure et demie, commença en revanche de mettre la pédale douce.  Il en était sur une pente descendante, tapant moins fort, tentant des combinaisons rythmiques plus subtiles, mais encore parfaitement audibles, rigoureuses et claires, quand l'un des compères, Rutger, se mit à chanter des paroles anglaises à propos d'un cul terreux de blanc qui venait jouer du tambour aux portes de l'Atlas, et d'un gros cul de black qui l'accueillait avec un chant.

Macaron commanda un scotch et en proposa un à Rutger.  Deux verres et trois joints plus tard, ils avaient eu un putain de coup de foudre.  Une amitié soudain évidente naquit, comme ça, instantanément.  Un alignement de planètes, ça s'appelle.  Ou alors, un Coup de Soleil...  Un pacte de fraternité conclu par percussions et chant interposés sur des instrumentaux de dub et de dubstep.  Une connexion musicale établie. Ils parlèrent d'Inès et d'Anja (que Rutger eut envie de connaître) ainsi que des amours de Rutger, qui étaient une longue suite de tragi-comédies que nous ne développerons pas ici.

Macaron avait faim et envie d'être un peu seul, il prétexta le besoin de retourner chercher un truc à son vélo pour prendre l'air.  Il envoya quatre SMS: un pour Raphaël, un pour Danderyd, un pour Estelle, et un pour Inès.  A quelques personnalisations près, les quatre messages disaient tous la même chose: "un black de la banlieue Nord d'Amsterdam vient de me proposer de monter un groupe pro, qu'est-ce que tu en penses?  Je prends mes désirs pour des réalités comme d'habitude, ou bien y 'a des opportunités?"  Raphaël et Danderyd qui se trouvaient tous deux à Paris, lui dans un appartement d'étudiant quelque part à la fontière entre l'Essonne et les Yvelines, elle dans son internat à Chaptal (Sceaux), sans s'être consultés, répondirent la même chose après quelques minutes: "oui Papa, vas-y, fonce!".  Estelle répondit le lendemain qu'elle n'en savait rien, que Garcin devait faire ce qu'il pensait juste.  Inès, en pleine crise d'engueulade avec son petit copain actuel, ne répondit pas et il respecta son silence sans chercher à comprendre.  Il se tenait prêt pour elle, quand elle en aurait le besoin.

A peine rentré, Macaron démissionna de l'Université et renonça à sa chaire d'astrophysique.  Mais la belle vie commença.  Le revente de son appartement (et les au-revoirs à Mme Painvin qui en découlèrent), ainsi que le pécule qu'il avait économisé tant bien que mal durant des années, tout comme une petite médaille de départ, enfin, généreusement accordée par l'Université pour les services rendus dans le bénévolat pénitentiaire, lui permirent d'acheter un petit quatre-pièces à Amsterdam, dans les nouveaux quartiers construits au nord de l'IJ.  La ville du Nord était de plus en plus chaude, de plus en plus chère.  Toutes ces décisions vidèrent entièrement ses économies.  A présent, il fallait bosser et cachetonner.  Les revenus procurés par la vente de ses livres universitaires ne couvraient pas le besoin d'un mois en nourriture.  Il dut même emprunter de l'argent que les enfants tenaient de leur grand-père maternel, pour boucler une ou deux fins de mois difficiles.  

Alors les répétitions commencèrent, le 25 décembre, jour de Noël ou d'un don de Lumière renaissante, comme on veut.  Les concerts se tinrent gratuitement dans les bars et dans des petits festivals, d'abord, puis furent rémunérés, dans les bars et des petits festivals ensuite, puis ils préparèrent un premier album, qui sortit des presses et fut lancé sur le marché de toutes les plateformes le 21 juillet, un an après le Coup de Soleil. 

Le démarrage des ventes promettait de voir venir un peu, quelques mois selon le train de vie, et d'acheter une nouvelle sono et des services de marketing issus de l'underground (celui qui avait fini par torpiller toutes les cryptomonnaies du Monde).  Pari risqué, mais qui paya.  Summer is Coming pouvait naître au Monde.   

Le groupe, formé d'un percussionniste chanteur compositeur claviste guitariste (Macaron), d'un bassiste chanteur (Rutger), d'une guitariste (Kosiah), d'un batteur brésilien incroyable (Alberto) et d'une claviste (Gartrun), débuta sa tournée à l'automne (un an après la rencontre incroyable entre Macaron et Rutger) aux Pays-Bas et en Angleterre, où le succès fut beaucoup moins mitigé, et vraiment unanime.  Les réseaux viraux étaient dithyrambiques.    

Peu avant le début de la tournée, Macaron avait invité ses deux enfants, sous condition qu'ils acceptent de dormir dans des lits superposés, ce qui n'était pas une mince affaire, à venir lui rendre visite pour les vacances.  Danderyd venait d'être admise en terminale littéraire et artistique et Raphaël entamait un master d'astrophysique tout en fêtant le récent brevet de pilote d'avion de tourisme solaire, qu'il s'était offert avec l'héritage de son grand-père.  Macaron n'était cependant pas en vacances, mais il joignit l'utile de sa vie professionnelle à l'agréable de ses enfants.  Il les invita aux ultimes répétitions ainsi qu'aux réunions préparatoires à la tournée.  Il leur présenta le reste des membres de Summer is Coming. Danderyd noua une grande complicité avec Gartrun, quant à Raphaël il se faisait chahuter par le reste du groupe...  Il put toutefois briller avec les étoiles, le soir d'un ciel clair, pour montrer son savoir encyclopédique en astronomie, ce qui ne manqua pas de les fasciner et de les inspirer dans des vapeurs de ganja...  Papa était heureux, Raphaël et Danderyd aussi.  Macaron emmena ses enfants se perdre à vélo dans la Reine du Nord, ils s'amusèrent, fumèrent leur premier joint tous les trois ensemble, et se dirent des secrets.  Macaron leur parla de leur mère, d'Inès et d'Anja.  Raphaël pensait avoir trouvé l'amour mais c'était trop tôt pour en parler.   Danderyd trouvait cool d'attendre un chapeau de Catherinette ("pauvre puce, elle qui est si belle et intelligente", songeait-il en lui-même....).  Puis ils finirent la semaine à préparer la vie en tournée de leur papa qui embarquait. Ce bus représentait une demeure collective pour les trois mois qui allaient suivre. Il souriait comme un beau diable le soir où leur train repartit en France et ils lui sourièrent à leur tour, les yeux mouillés de larmes de joie.  

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De son côté, Inès se lançait dans une carrière littéraire assez brillante, et participait à des colloques où elle donnait diverses masterclass de littérature.  Elle entama des voyages dans le cadre de son métier d'écrivain et de professeure de Lettres internationalement reconnue, et rencontra un africain.  On la retrouvera avant la fin de l'histoire.

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La carrière d'AnjasizemefortheMoon - qui s'abrégea peu à peu en Moonanja (à l'initiative des communautés de fans) - fut, elle aussi, brillante, comme si toutes ces sphères célestes, la Terre, la Lune, le Soleil, Antarès, Capella, Vénus, Jupiter, Alpha Coronae, étaient liées gravitationnellement et promises à un grand destin commun.  Le groupe d'Anja vécut une évolution semblable à Summer is Coming.  Davantage de tournées rémunérées, davantage d'albums, davantage de promo, davantage de professionnalisation, chaque jour, et il fallait une énergie folle pour tout affronter sans un solide tour-manager!  Or Anja continuait d'exercer ce rôle pour le groupe, ce qui doublait peu ou prou sa quantité de travail.  Elle laissait les autres membres prendre un peu les rênes de la création artistique, tout en restant d'une voix inflexible quand un arrangement ou une mélodie ne lui convenait pas.  La production se faisait collectivement, chacun passant sur le siège de l'ingé-son pendant qu'un compère prenait place devant les micros d'enregistrement.  Le grain de la voix d'Anja mûrissait et les sujets abordés devenaient un peu moins frivoles, ils révélaient une part d'ombre inconsciente.  Tout fut fait à la main, en équipe resserrée, le groupe se suffisant à lui-même, entité créatrice vivante et inspirée.  Le double album qui s'en suivit, Like An Unexplored River With Golden Waterstones, se catapulta rapidement en tête des écoutes et l'on réclamait une tournée mondiale qui finit par advenir.

C'est à peu près à cette époque que les chercheurs européens, collaborant tous ensemble au service du projet d'énergie de fusion nucléaire, trouvèrent un aboutissement heureux à leur presque cinquante années de coopération étroite et stratégique.  La fusion était maîtrisée.  Le problème de l'énergie était résolu, durablement, pour toute l'humanité.  Restait à résoudre le problème de pression minière en axant toute la recherche internationale sur la bio-ingéniérie.  Et puis, il restait à résoudre un autre problème.  Le carbone qui avait été mis dans l'atmosphère ou dans les océans, ne s'autodétruisait pas dans l'atmosphère ou dans les océans.  Il se réduisait en poudre qui accélère le réchauffement de l'atmosphère par effet de serre, et acidifie les océans.  Le carbone survivait, à moins d'être absorbé par des plantes, dont les plus importantes d'entre elles peinaient à survivre dans cet emballement climatique, que le renversement des pôles n'avait pas résolu.  C'est pourquoi l'on convint tous ensemble, aux Nations Unies, d'accélérer le refroidissement de la planète, et un jeune thésard norvégien avait trouvé le truc: commencer par tout peindre en blanc.  Renforcer ce que l'on appelle l'albédo de la Terre: faire en sorte que la lumière du Soleil ne soit pas absorbée mais réfléchie vers l'espace, de sorte que moins d'énergie calorifique issue du Soleil n'atteigne notre Monde.  Fort heureusement, la fabrication de peinture blanche était d'une empreinte écologique quasiment nulle d'après les les dernières évolutions de l'industrie du bâtiment.  Toutes les tuiles, tous les toits de tous les bâtiments devaient être peints en blanc brillant.  Magnus Arestrup, le jeune biologiste danois, avait tout calculé.  Il fallait aussi reconstituer des calottes glaciaires artificielles faites de miroirs autoguidés pour se tourner en permanence vers le soleil, sur un support flottant de polystyrène blanc, équipé d'un minuscule système de navigation et d'orientation.  Il les appela les tournecygnes, et selon son modèle il fallait en déployer près d'une centaine de millions, ce qui mobilisa l'industrie manufacturière européenne sur un projet de haute précision.  Le système de navigation et d'orientation du module fut un excellent tour de passe-passe conçu par des modèles de bio-ingéniérie: l'énergie était fournie par le soleil et des capteurs optiques avec des textures d'ailes de papillons permettaient de calculer la position du Soleil dans le ciel, donc la longitude du module.  La latitude se calculait la nuit, aux étoiles, à l'aide de petits coquillages qui s'avaient s'orienter vers l'étoile polaire.  Les procédés de calcul étaient rudimentaires et l'électronique embarquée était peu ou prou celle d'une cafetière à expresso à écran tactile, en partie composée d'unités de stockage d'ADN et complétée de minuscules fibres optiques, là où la biologie n'apportait pas de réponses (ce qui était rare désormais).

Un chercheur chilien, quant à lui, trouva par hasard le moyen de récupérer le "plancton de plastique" qui parsemait les océans de la planète, par des réactions biologico-chimiques assez étonnantes qu'il avait découvertes par sérendipité.  On parlait d'un continent de plastique, et le procédé qu'il avait découvert pour l'agglomérer et le transformer en matériau de construction fut d'une redoutable efficacité.  De la bio-ingéniérie, encore.  Certains petits coraux qui avaient fui de l'île de la Réunion étaient friands du plancton de plastique dont ils eurent l'intelligence collective de se saisir comme matériau de base pour leurs constructions sous-marines.  L'espère avait muté, avec l'aide de plusieurs équipes de biologistes émérites dont celle de notre vieux chilien.  L'opération était vorace en carbone, ce qui était une excellente chose, parce que ça allait désacidifier les océans.  

Les besoins en ingéniérie de développement étaient monstres et, parallèlement, des consortiums internationaux s'assemblèrent pour planifier un programme d'exploration martienne humaine.

Raphaël projetait d'en être.  Il se préparait pour le concours de recrutement de la prochaine équipe d'astronautes, celle qui aurait pour mission de s'entraîner pendant plus de sept ans avant de pouvoir décoller pour la planète rouge pour un voyage de trois ans.

Danderyd peignait, en écoutant des opéras romantiques. 

Inès faisait l'amour avec un écrivain namibien, très beau et très musclé.

Estelle entretenait son jardin. 

Madame Painvin correspondait avec un dandy russe via le compte MeFeed que Macaron lui avait créé, et dont il avait fini, un peu honteux, par lui transmettre les codes en partageant avec elle le succès de l'avatar de Madame Painvin, qui avait quelques touches sérieuses.

C'était son cadeau de départ.

 Macaron n'espérait rien d'Inès, mais attendait tout d'Anja, et il ne fut pas déçu.  Pendant quelque tempsn du moins.

 

 

 

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