Les 7 constellations - épisode 102: Crux (version 2.0)
GENERIQUE SAISON 1 - SCENE 1
MUSIQUE: LA WALKYRIE (Ouverture)
HBO Presents
***
A Big Bill and A Band Apart production
***
THE 7 CONSTELLATIONS
***
Story by
Frédéric A...R
***
ORIGINAL MUSIC
Thomas NEWMAN - The Midnight - M83 - Archive
and on...
Tandis que défilent les noms des êtres humains qui ont supervisé les différents aspects de la production de la série, les noms des acteurs, on balaie un très beau ciel étoilé:
Original characters played in a rolegame adventure by:
François-Xavier L...D - David L...R - Philippe L...D - Nicolas R...Y
Les constellations se succèdent dans la nuit, on voit leur étoiles principales si bien que les amateurs reconnaîtront de quelles vraies constellations il s'agit, sinon les autres ne feront pas tout de suite attention. On ne fait pas de "relier les points par des pointillés" (on ne le fait qu'à chaque titre d'épisode).
La caméra va glisser lentement d’une constellation à l’autre, croisant parfois le chemin de la Terre, de la Lune ou du Soleil. Il arrive que des navettes de transport ou des fusées ou des satellites ou des stations orbitales scientifiques traversent l'écran entre deux constellations. Le ciel est vivant, lumineux, animé.
- la Constellation du Cygne,
Triptii DIMRI
- la Couronne Boréale,
Anya TAYLOR-JOY
- le Verseau,
Mehdi DEHBI
- la Règle,
Itsiar ITUNO
Mark STRONG
- le Lion,
Fumiya TAKAHASHI
- le Dragon…
Kenji OBA
- et le Caméléon
Ursula CORBERO
Anya CHALOTRA
Vu dans un ciel nocturne parfaitement étoilé et arrivant de très loin, presque tout d’abord comme un point imperceptible, le bec de l'Oiseau de Paradis (station spatiale) tombe en énorme boule d’acier et de feu, le bec dans l'eau, joli symbole. Le raz de marée que sa chute provoque sur les côtes de Vancouver commet de terribles dégâts. Un enfant blond, noyé, est emporté au ralenti au milieu de branches, de troncs d’arbres et de déchets de toutes sortes, par les flots bourbeux de la dévastation…
Mais l’intérieur des terres, d’abord gris et bleu pâle, constellé de débris divers lorsque submergé par le tsunami, quelques gratte-ciels futuristes à la Blade Runner dépassant des flots, se recouvre peu à peu d’une terre verte et fertile avec des champs, des forêts, et des papillons et des fleurs et des princesses guerrières elfiques… Puis l’une des guerrières se transforme en chanteuse solitaire sur la scène d’un gigantesque concert de stade, avant que la noble et bienveillante face d’un puissant dragon (Dunkelzahn le Vénérable) apparaisse en filigrane flamboyant.
Episode directed by
Michael SAPOCHNIK
JANVIER 2082
SCÈNE 2: INT. LABORATOIRE BIOTECH — NUIT
MUSIQUE: BATTLE WITHOUT HONOR OR HUMANITY – TOKYO HOTEL
Un tube à essai multicolore, torsadé comme un serpentin, dégorge une bave rouge fumante.
La matière tombe lentement dans un récipient stérile, comme de la lave miniature.
Autour :
un laboratoire ultra‑moderne, saturé de panneaux électroniques, de voyants qui flashent, de boutons qui font “bimp”, de cadrans digitaux.
Ambiance entre clinique et atelier de bricolage expérimental.
Deux techniciens japonais, charlottes et masques chirurgicaux, s’affairent.
L’homme, la quarantaine, concentré.
La jeune femme, stagiaire, nerveuse, lunettes connectées sur les yeux.
Sur un long fauteuil de synthécuir blanc :
un corps féminin, en chemisette d’hôpital.
Très gros plan : on ne voit qu’un fragment de joue, un cil, une tresse brune.
Suffisamment pour deviner le visage de Genesys.
Son souffle est saccadé.
La caméra monte d’un coup, en saccades synchronisées avec la musique, comme arrachée au sol.
En contrebas, révélée d’un seul coup :
GENESYS DA SILVA, endormie, allongée dans un fauteuil de cuir blanc, façon fauteuil de dentiste.
Un câble métallique gainé de caoutchouc sort de sa nuque et s’enfonce dans un ordinateur gigantesque.
Montage subliminal :
quatre fauteuils blancs, disposés en croix, chacun occupé par une silhouette indistincte.
On n’a pas le temps de comprendre.
Seule Genesys est identifiable.
CUT - GROS PLAN — LUNETTES DE LA TECHNICIENNE
Sur les verres :
un ciel nocturne étoilé se déploie, envahit tout.
La caméra pénètre littéralement dans le reflet.
EXT. ORBITE TERRESTRE — NUIT - CONTINU
Un mince arc de Terre apparaît.
Puis la station OISEAU DE PARADIS, intacte, majestueuse, tournant très lentement sur elle‑même.
PANORAMIQUE — CIEL DE L’HÉMISPHÈRE SUD - CONTINU
Défilement cosmique :
- Le Navire Argo
- Les Nuages de Magellan
- Acrux
- La Croix du Sud
Les étoiles se relient en pointillés lumineux.
TITRE ÉCRAN : CRUX
Un amas ouvert scintille en bas à droite : la Boîte à Bijoux.
PLONGÉE — VERS LA TERRE - CONTINU
La caméra plonge, traverse la nuit, descend vers le Japon, puis Hokkaïdo, puis le lac Kussharo.
Au centre du lac :
l’île de Kussharo, ancien cône météoritique, aujourd’hui forêt froide et brumeuse.
SURIMPRESSION TEXTE (fondu enchaîné)
- Île de Kussharo.
- Forteresse du Lion.
- Maison du plus puissant des Yakuzas de la planète…
- Le clan SATO‑Kai
L'île est un petit cône volcanique, une haute colline couverte d'une forêt de résineux.
Un château japonais du XIXe siècle, cinq étages, blanc comme neige, trône au sommet de l’île.
La caméra glisse dans un jardin japonais, suit un ruisseau…
L’eau devient pierre…
La pierre devient terre…
La terre devient plafond de caverne.
INT. CAVERNE — CONTINU
La caméra descend verticalement, traverse les grilles d’une cage métallique.
GENESYS, nue, enchaînée aux poignets et chevilles, tire de toutes ses forces.
Décence totale, mais tension absolue.
SILENCE.
À son cou :
une croix cathare en rubis, minuscule, scintillante.
Autour :
quatre cages, formant une croix.
Obscurité. Deux drones sphériques aux rayons bleus flottent :
des MCT Fly Spy.
On entend des cliquetis de chaînes venir des quatre cages.
Un grognement de troll japonais.
Les anneaux métalliques s’ouvrent.
Genesys tombe à genoux, haletante.
Devant elle :
un couloir de lasers rouges, carré, parfait, menant vers un tunnel noir.
Genesys avance.
INT. PETITE GROTTE — CONTINU
Une porte monumentale surgit du néant.
Architecture japonaise néo‑classique.
Au-dessus : un bas‑relief de tête de Lion.
Des flammes holographiques dansent sur le chambranle.
Une immense manivelle en forme de croix.
Genesys pose la main dessus.
Ferme les yeux.
CUT.
SCÈNE 3: INT. CHAMBRE D’HÔTEL — NUIT
MUSIQUE: THE CROWN - ARCHIVE
Genesys ouvre brusquement les yeux.
Elle est dans une suite luxueuse, éclairée par une lumière jaune douce.
Une immense baie vitrée donne sur une ville nocturne :
un enchevêtrement d’arkologies, de gratte‑ciel cyberpunk, de ponts suspendus, de néons rouges, violets, bleus, roses, blancs.
Une Tokyo augmentée, irréelle.
Sur la table de nuit :
un casque intégral noir, liserés d’or.
La couverture : satin vert sombre.
Un écran mural s’allume soudain.
Lumière blanche agressive.
ÉCRAN
CHOOSE CAR
(clignotant, lettres blanches fluorescentes sur fond de tube de verre gigantesque)
GROS PLAN — VISAGE DE GENESYS
Elle interagit avec l’écran tactile hors‑champ.
Les reflets colorés glissent sur sa peau.
Des bips synthétiques résonnent.
CUT — EXT. DÉCOR URBAIN CYBER — NUIT
TAK, en armure légère, tente d’enfiler un flypack.
Mitrailleuse au poing.
Il se tient au pied d’un immeuble futuriste.
La lumière est instable, comme reflétée par une surface d’eau agitée :
verts, bleus nuit, mauves, rouges, ors.
Ambiance de rêve numérique.
CUT — EXT. BALCON DÉCOR URBAIN CYBER — NUIT
KIM, en position sniper, parfaitement immobile.
Elle scrute la ville.
Lumière flottante, irréelle.
Un speaker hurle des annonces, réverbérées entre les tours.
La foule en contrebas est hystérique.
CUT — EXT. BALCON SUPÉRIEUR DÉCOR URBAIN CYBER — NUIT
VALANDIR dort, affalé sur une chaise.
Il ne voit pas Kim, située juste en dessous.
S’il ouvrait les yeux, il verrait :
un circuit de verre gigantesque, un tube transparent en spirale, vibrant, serpentant entre les immeubles.
CUT — INT. TUBE DE VERRE — LIGNE DE DÉPART
MUSIQUE: CONTINU
Plusieurs bolides futuristes alignés.
Entre Gran Turismo 7 et Tron.
Les moteurs rugissent.
VOIX-OFF DU SPEAKER
En pôle position… la Rozelyne Löwen rouge de Daichi SATO‑Kai !
À côté :
— la Vortex 9 verte
— l’Aetheron blanche
— la Race Defocrack bleu nuit
— la Fevara jaune
CUT — INT. FEVARA — NUIT
Genesys, casque noir et jaune, lunettes de soleil sous la visière ouverte.
Elle ajuste ses gants.
Elle a l’air dangereusement cool.
CUT — INT. CHAMBRE D’HÔTEL — NUIT
Sur l’écran, Genesys sélectionne la Fevara.
La Rozelyne Löwen apparaît verrouillée : propriété exclusive de Daichi.
EXT. TUBE DE VERRE — LIGNE DE DÉPART
Les feux passent au rouge.
5 — 4 — 3 — 2 — 1 — 0
Les feux deviennent verts.
Un rugissement de tonnerre.
INT. FEVARA — CONTINU
Genesys est plaquée au siège par l’accélération.
Elle jure, souffle court.
Elle dépasse deux bolides.
Le troisième — l’Aetheron — zigzague pour la bloquer.
Au loin, la voiture rouge de Daichi prend de l’avance.
FLASH SUBLIMINAL — MATRICE
Un canyon, des arbres, des chasseurs médiévaux à cheval.
Puis retour brutal au tube de verre.
INT. TUBE DE VERRE — COURSE
Les bolides se pourchassent au gré des zones de pièges qui sèment d'embûches leur circuit de verre.
Perturbation visuelle. Nouveau flash :
des montagnes, des cavaliers, des chevaux magnifiques.
Retour à la course.
EXT. SPIRALE DU TUBE — NUIT
Des drones virevoltent.
TAK, en flypack, tente de les abattre.
INT. TUBE — COURSE
L’Aetheron perd le contrôle.
Tonneaux.
Gerbe d’étincelles.
Suspensions brisées.
Genesys l’évite de justesse.
La Vortex 9 verte est percutée par la Race Defocrack.
CUT — EXT. BALCON — NUIT
Kim vise.
Tire.
La balle traverse la paroi de verre comme un liquide dense.
Elle éclate un pneu BFB.
La Vortex 9 se retourne.
Freins rouges.
Foule en délire.
INT. TUBE — COURSE
Genesys rattrape Daichi.
Tak a fait exploser un drone de quincaillerie : des clous jonchent la piste.
Les deux bolides roulent côte à côte, se percutent légèrement.
Ils approchent d’une ligne de gros bidons d’essence.
Genesys accélère.
Passe la ligne.
Kim tire.
Un bidon explose.
Toute la ligne s’embrase.
Daichi passe trop tard.
Sa voiture subit des dégâts.
Genesys chantonne du Puccini.
Un choc violent.
La Rozelyne Löwen la percute par l’arrière.
La direction de la Fevara devient instable.
Genesys freine, laisse passer Daichi et la Race Defocrack.
Évite un choc en roulant sur la paroi du tube.
Elle tente un réglage de compensation.
Puis ré‑accélère.
FONDU AU NOIR
Bruits de course.
Freins.
Carrosseries.
Chocs.
Silence.
SCÈNE 4: INT. CABINET DE SÉCURITÉ — NUIT
Environnement industriel froid, béton gris.
Genesys, de dos, assise devant un large écran de contrôle.
Sur l’écran :
une usine chimique abandonnée, écoutilles numérotées, lions stylisés.
Genesys pianote.
GENESYS
Donc là, normalement, tu arrives au numéro 13.
C’est un cul‑de‑sac.
Tu vois quelque chose, Kim ?
KIM (COMMLINK)
Ouais. Y’a un katana.
Donc… rien.
J’me bats pas avec ces merdes.
Fait chier ce labyrinthe.
Si seulement je pouvais trouver un fusil, bordel.
Genesys esquisse un sourire.
Un rugissement de lion, lointain, caverneux, traverse le micro.
Le sourire disparaît.
Elle écoute.
Inquiète.
FONDU AU NOIR.
TITRE ÉCRAN (les mois défilent à l'envers):
JANVIER 2082 → DÉCEMBRE 2081
TOKYO
SCÈNE 5: INT. AÉROPORT DE TOKYO — DOUANES — JOUR
Hall lumineux, froid, impersonnel.
L’équipe attend, alignée devant un comptoir de douane impériale japonaise.
Un douanier japonais, raide comme un sabre, fouille une valise.
Il en sort… une peluche de cochon.
Genesys est nerveuse.
Le douanier tâte la peluche dans tous les sens, puis la repose.
Rien de suspect.
Le douanier consulte son écran.
DOUANIER
Vos deux malles… celles contenant des drones frelons…
Elles ont été interceptées à Denver.
Elles ne sont jamais montées à bord.
Vous pourrez les récupérer au retour.
Genesys serre les dents.
GENESYS
J’ai une accréditation.
Regardez.
Elle est valide.
DOUANIER
Pas pour l’Empire.
Désolé.
Elle insiste.
Il reste inflexible.
Elle finit par abandonner, furieuse.
EXT. AÉROPORT — SORTIE — JOUR
Ils sortent ensemble de l'aérogare tandis que Genesys jure comme une poissonnière.
VALANDIR
Oink oink.
TAK
Oiiiiink.
Kim lève les yeux au ciel.
KIM
Bande de porcs.
FONDU AU NOIR.
TITRE ÉCRAN (les mois défilent à l'envers):
JANVIER 2082 → DÉCEMBRE 2081→ NOVEMBRE 2081
HOUSTON
SCÈNE 6: EXT. RUE INDUSTRIELLE — HOUSTON — MIDI
Soleil écrasant.
Rue étroite.
Un GMC Bulldog garé en travers bloque la circulation.
Un petit camion de livraison pile juste derrière.
Le chauffeur descend, furieux, façon Coluche en mode “ça commence à bien faire”.
Genesys sort du Bulldog.
Démarche tranquille, presque nonchalante.
GENESYS
Doucement, amigo.
On va régler ça.
Elle s'allonge sous le moteur de la voiture.
Le chauffeur est nerveux.
Genesys, accroupie sous le Bulldog, invente des pannes mécaniques absurdes.
CUT — PORTIÈRE ARRIÈRE DU BULLDOG
Elle s’ouvre.
TAK en sort, massif, lunettes connectées, costard impeccable.
Il gonfle les pectoraux.
Pose la main sur son holster.
Le chauffeur se fige.
Blêmit.
Genesys ressort, allume une clope, ouvre le capot.
Chante doucement :
GENESYS
(chantonne les Doors dans son intercom)
Come on baby, light my fire…
C’est le signal.
EXT. RUE — CONTINU
Tak engage la conversation, ton faussement amical.
TAK
Alors, amigo… marié ?
Des gosses ?
Tu suis le Bulletball ?
T’as eu des billets ?
Comment t’as fait ?
CUT — OMBRE DERRIERE LE CAMION
KIM, en tenue commando, se glisse vers l’arrière du camion.
Elle branche son cyberdeck sur la serrure électronique.
VALANDIR la suit, silencieux, une boule de feu miniature dans la main.
Un bip.
Un clic.
La porte arrière du camion s’ouvre.
Valandir disparaît dans l’ombre de la soute.
Kim fait le guet.
FONDU AU NOIR.
TITRE ÉCRAN (les mois défilent à l'envers):
JANVIER 2082 → DÉCEMBRE 2081
→ NOVEMBRE 2081 → OCTOBRE 2081
NEW YORK
SCÈNE 7: EXT. DOCKS DE NEW YORK — NUIT
Vrrrroooom.
VrrrooÔÔÔoom.
Une Ford Americar noire s'apprête à démarrer à toute vitesse en reculant.
Genesys au volant, posture de manœuvre, bras sur le siège passager, tête tournée vers l’arrière.
Elle murmure :
GENESYS
Drones frelons, position d’attaque.
Sa vision bascule dans les caméras des drones.
POV DRONES — NUIT
Une troupe de ninjas du clan du Lion canarde TAK, qui transporte en courant une femme caucasienne aux cheveux noirs : ELEANOR WHITAKER.
Échanges de tirs.
Les drones plongent, attaquent.
EXT. DOCKS — CONTINU
Tak atteint la voiture, WHITAKER sous le bras.
Il la jette à l’intérieur.
Valandir arrive derrière, lance une boule de feu sur les ninjas.
Genesys débraye.
Accélère.
Les drones la suivent, essuyant des tirs.
INT. FORD AMERICAR — PLUS TARD — NUIT
Valandir a bricolé un bâillon.
Eleanor hurle des insultes étouffées en se débattant comme une diablesse.
ELEANOR
Pourriture d’elfe ! Face de pet d’enculé de troll !
Tak et Valandir doivent s’y mettre à deux pour la maintenir.
Kim est là aussi, récupérée on ne sait comment.
Musique de Manichawa en fond.
EXT. PARKING — NUIT
La voiture s’arrête.
Recharge électrique.
Valandir sort Eleanor, la met à genoux, bras liés.
Les phares l’illuminent par derrière.
Tak retire le bâillon.
ELEANOR
Crève, espèce de pourriture de race de gobelin dégénérée de merde !
CUT.
SCÈNE 8: EXT. MER MÉDITERRANÉE — NUIT
Un petit yacht rapide fend les vagues.
Genesys est au volant.
Direction le large.
CUT — NOIR
Bruit de deux hélicoptères.
Mitrailleuses lourdes.
Une énorme explosion.
FONDU EN OUVERTURE
Le yacht brûle.
Débris partout.
Genesys surnage, haletante, regardant les flammes.
Une mouette crie.
CUT.
TITRE ÉCRAN (les mois défilent à l'envers):
DÉCEMBRE 2081 → NOVEMBRE 2081
→ OCTOBRE 2081 → 28 JUILLET 2081
REYKJAVIK
SCÈNE 9: EXT. TRIBUNES STADE DREKKIVIK DE REYKJAVIK — NUIT
Le vent souffle fort.
Le ciel islandais est d’un bleu presque noir.
La ville semble minuscule, fragile, posée entre mer et montagne.
Des drônes surveillent la zone: il y a ceux de Knight Errant, ceux de la police municipale islandaise, ceux de Genesys aussi que l'on reconnaît à leur forme de frelons.
Genesys observe un écran tridéo portatif qu'elle a installé dans les gradins.
Toute l'équipe est autour: Valandir, Tak, Kim, Genesys, mais aussi Nigele HOUGHTON et Sam FINNEGAN.
CUT.
TITRE ÉCRAN (les mois défilent à l'envers):
NOVEMBRE 2081 → OCTOBRE 2081
→ 28 JUILLET 2081 → 7 JUILLET 2081
NORTHERN EGYPT
SCÈNE 10: INT. COULISSES — SCÈNE GÉANTE — SOIR
MUSIQUE: The Starship Avalon, Thomas NEWMANN
TITRE ECRAN: 21h
Un labyrinthe de poutres métalliques, de câbles, de structures de scène.
Lumière pulsée.
C'est le début du concert sous un beau croissant de Lune.
Le petit sifflement, c'est Loggy qui joue du pipeau.
Les claviers rythmés sont assurés par Amiouzy, les nappes par Niklas, Bogo actionne des pads lumineux qui génèrent des petits carillons électroniques, Cumbren introduit les basses au violoncelle, et viennent enfin les effets de basse par Gourik, sur sa synthé basse.
CUT
INT. BACKSTAGE - SOIR
GENESYS, combinaison de cuir moulante, natte sportive, lunettes de soleil opaques, pistolet en position de sécurité.
Ses yeux sont révulsés, entièrement blancs.
Elle contrôle ses drones frelons.
POV DRONE — CIEL DE GIZEH - SOIR
Un drone survole la foule.
Vue spectaculaire :
les pyramides illuminées par un croissant de Lune.
La foule immense, compacte, vibrante.
Manichawa entre en scène dans un costume égyptien et s'y promène tranquillement en saluant un maximum de gens dans le public; radieuse et acclamée par des milliers de voix dans le crépuscule.
INT. COULISSES — CREPUSCULE (1H PLUS TARD)
TITRE ECRAN: 22h
À travers un rideau, Genesys aperçoit la pyramide de Khéops, majestueuse, derrière la foule.
Sur scène, résonne une reprise de “Roads” de Portishead par Chawa’s Seven.
MUSIQUE: Roads, PORTISHEAD
Genesys cligne des yeux.
Elle reprend le contrôle de son corps et se dirige vers la sortie arrière des coulisses.
EXT. GIZEH — PARKING TECHNIQUE — NUIT
Genesys grimpe dans un GMC Bulldog couleur sable.
Elle branche un câble sous la banquette arrière :
recharge des drones.
Le moteur rugit.
Valandir et Kim s'engouffrent à leur tour.
Genesys fonce vers le centre du Caire.
Images aériennes :
trafic dense, ruelles étroites, chaos lumineux.
SCÈNE 11: EXT. SCÈNE DE GIZEH — NUIT
TITRE ECRAN: 23h30
MANICHAWA, courbée comme une princesse indienne, reçoit une pluie de roses.
Ses musiciens l’entourent.
Tonnerre d’applaudissements.
Les pyramides réverbèrent les cris.
Elle sourit, radieuse.
EXT. BACKSTAGE — NUIT
Manichawa rejoint un second Bulldog.
À bord :
- Giacomo, son cyborg protecteur
- Zara DJAWADI, ingénieure du son
- Carlotta, son amie
- Sean FINNEGAN, pilote irlandais, grande gueule, un peu ivre
- Tak, en escorte
Le van démarre.
Direction l’hôtel, puis un parking discret en sortie Nord du Caire.
SCÈNE 12: EXT. RUE AL MASHHAD AL HUSSEINI — NUIT
TITRE ECRAN: 22h30
Genesys gare son Bulldog près d’un restaurant.
Rue passante.
Néons.
Odeurs d’épices.
Kim sort de la bagnole.
Genesys déploie ses deux drones frelons.
Un petit homme mexicain, cinquantaine, barbe, manteau traditionnel, faciès un peu mongoloïde.
Il entre dans le Soukh Khan el Khalili par le nord.
POV DRONE 2 — RUELLE PARALLÈLE
Deux gardes du corps corporatistes MITSUHAMA.
Look Ken & Barbie.
Lunettes connectées.
Armes probables.
Ils suivent la cible à distance.
INT. BULLDOG — NUIT
Genesys parle dans son oreillette.
Ils entrent dans le Soukh dans une minute.
Je les garde en visu, puis je rapatrie.
On est près du El Hussein Pancake House.
Kim est planquée là.
En face du Black Snacks.
CUT.
SCÈNE 13: EXT. AUTOROUTE DU DÉSERT — NUIT
Valandir protège Manichawa dans les secousses.
INT. BULLDOG — NUIT
Gros plan sur les lunettes de Genesys.
GENESYS
Je les ai en visu par l’arrière.
Ils ouvrent le feu.
Je ralentis !
Tak tire sur la vitre arrière.
Le pare-brise explose.
Kim, en sniper, ajuste un tir.
La balle transperce le pneu avant gauche d’une Ford Americar sportive blanche.
La voiture ennemie quitte la route.
S’écrase dans un petit canyon.
Genesys maîtrise un dérapage parfait.
Le Bulldog se stabilise.
GENESYS
Tout le monde va bien ?
GERALDO MARTINEZ
Qué mé semblé à moi qué yé connou mieux…
Manichawa, dans les bras de Valandir, souffle :
MANICHAWA
Oui… je vais bien.
TAK
Putains de corpos de chez Mitsuhama.
KIM
Tous des porcs…
CUT — NOIR.
FONDU SONORE ET VISUEL — OUVERTURE
SCÈNE 14 - EXT. PLACE DE VILLAGE AL WAFA — NUIT
Tirs.
Hurlements.
Drones.
Flammes.
Village égyptien pauvre des faubourgs d'Alexandrie, vénérable, éclairé d’une lueur orange.
Genesys est allongée, bras tendus, pistolet en main, à l’abri d’une maison.
Elle vise le centre de la place.
EXT. CENTRE DE LA PLACE — NUIT
MANICHAWA, en lotus, vêtue à l’indienne, irradie une faible lumière blanche.
Statue vivante.
TAK combat au katana, au corps-à-corps, contre une des soldats.
Un drone de transport de troupes est à la verticale de la place et commence à déployer un filin.
EXT. ARCANE OPPOSÉE — NUIT
KIM, en sniper, abat méthodiquement les assaillants.
EXT. PLACE — NUIT
Un drone-frelon de Genesys transperce la cuirasse d’un soldat lourdement armé.
L’esprit de feu attaque une seconde troupe qui descend en rappel depuis le filin du drone-hélicoptère.
Vision apocalyptique.
CUT — GROS PLAN
La sueur coule sur la tempe de Genesys.
Elle halète.
Ralentissement du son.
EXT. PLACE — NUIT
Tak emporte Manichawa, inerte, sous un déluge de balles.
Genesys, Kim et Valandir les couvrent.
Ils disparaissent à l'abri d'une galerie sombre.
FONDU AU NOIR.
TITRE ÉCRAN (les mois défilent à l'envers):
OCTOBRE 2081 → 28 JUILLET 2081
→ 7 JUILLET 2081 → MARS 2081
AMSTERDAM
SCÈNE 15: EXT. KERKSTRAAT — AMSTERDAM — JOUR
Façade étroite d’une maison centenaire.
Enseigne : THE DOLPHIN’S.
La caméra glisse vers une petite porte de biais, puis descend quelques marches.
INT. THE DOLPHIN’S — REZ-DE-JARDIN — JOUR
Petit bar intimiste.
Trois ou quatre tables.
Un hashbar gigantesque occupe tout un mur.
Clients hésitant entre White Dolphin’s et Bubble Tempo.
Au fond : un escalier métallique en colimaçon.
INT. THE DOLPHIN’S — SOUS-SOL — JOUR
Ambiance enfumée.
Tables octogonales d’inspiration mauresque.
Canapés d’osier raides, coussins arabes.
Odeur de bière, tabac, chanvre, chicha.
Motifs sous-marins peints partout.
Atmosphère : vingt mille joints sous les mers.
Autour d’une table :
Ahmed AL-FOUZIA, Valandir, Benny BTL, Chawa, Genesys, Giacomo, Tak, Carlotta, Hyperbole.
Un sachet de Tempo est posé au centre. Ahmed le pointe du doigt.
J'attends un feu vert pour partir vers la Lune, pour étudier la bouture en gravité réduite.
Mais je pense que tout est question de lumière en réalité…
Il parle vite, passionné.
Dans cette lumière… les pistils ont la couleur du feu.
Carmin.
Tu devrais l’appeler Fire.
Ou Red Dress.
Ahmed retient son bras.
Il récupère une partie de la Tempo que Valandir effritait trop vite.
Puis sourit.
AHMED
Red Dress… j’aime beaucoup, mâân.
Mais carrément !
La lumière !
Pas celle du feu…
Des lampes sodium !
Et rien à foutre du zéro G !
Tu pourrais l’appeler Zéro‑G.
Ou Red Zéro‑G !
Ils se tapent dans la main.
INT. SOUS-SOL — CONTINU
Valandir, adossé à un mur peint d’un dauphin géant, passe son joint à Manichawa.
Elle tire une petite taffe.
CHAWA
(à Genesys)
Tiens.
Genesys tire une longue bouffée, déterminée.
Genesys passe à Tak.
à la brûlure de l’herbe arabe, mon amie.
Genesys sourit.
Elle passe à Carlotta.
Leurs doigts se frôlent.
Moment suspendu.
Érotique. Carlotta ne laisse rien paraître.
HYPERBOLE finit de rouler un double jumbo monstrueux.
Langue violette.
Elle ne partage pas.
Elle tire deux taffes.
Regarde Ahmed du coin de l’œil.
VOIF-OFF D'HYPERBOLE
Doux Jésus… quel beau mec tu fais, putain.
Quand tu veux, mon prince du désert…
CHAWA
Bon, j’arrête le délire.
Amiouzy vient de m’envoyer un texto.
Je dois rejoindre le groupe backstage.
C'est pas tous les jours un concert sur l’esplanade du Rijksmuseum.
Face au Concertgebouw.
Giacomo se lève, sort son créditube et s'en va payer.
Mais là c’est quinze minutes à vélo.
Ça me videra la tête.
J’ai le trac.
Elle désigne les vélos.
Tak reste avec moi.
Et j’invite Giacomo, Valandir, Carlotta backstage.
Les autres : vous avez une loge.
Tous acquiescent, joyeux.
Genesys, déjà en selle, fait un une‑roue, juste pour montrer.
CUT.
TITRE ECRAN (les mois défilent à l'envers)
28 JUILLET 2081 → 7 JUILLET 2081
→ MARS 2081 → DECEMBRE 2080
SEATTLE
SCÈNE 16: EXT. TOUR DE VERRE OVALE — SEATTLE — NUIT
MUSIQUE: Rockstar, LISA
Nuit saturée de néons.
Rumeurs urbaines.
Deux drones sphériques patrouillent, lasers bleus au sommet d'une tour de section ovale.
Il y a une terrasse pour le public, et une autre qui sert de quai de déchargement backstage.
INT. BABYLON DC — CENTRE DE SÉCURITÉ — NUIT
Petit cagibi lambrissé.
Shotgun accroché au mur.
Trousse de secours.
Console tactile de caméras.
Musique B‑SynthéPop étouffée.
GENESYS, concentrée, contrôle ses drones.
POV DRONE — TERRASSE SOMMITALE
Terrasse bondée.
Fans, cocktails, tempo, discussions.
Vue sur Seattle illuminée et ses arkologies.
CARLOTTA discute avec des fans, sans révéler son lien avec Manichawa.
Ambiance joyeuse.
INT. COULISSES — NUIT
TAK et KIM en position.
MARC ORGAYLE, elfe cadre Horizon, bouge la tête en rythme.
Sur scène : Chawa’s Seven en showcase de présentation de la tournée à venir.
Le temps passe, plusieurs chansons s'enchaînent en fondus successifs et rapides.
Jusqu'au titre phare de Manichawa: une reprise d'un vieux groupe de trip-hop des années 1990, il y a quasi un siècle.
MUSIQUE: Roads, PORTISHEAD.
Au fond de la foule, une femme androgyne, à l'élégance décalée du siècle romantique, cheveux blancs coupés au carré, assez haute. Une canne avec un pommeau d'argent dans la main.
Elle tourne le dos à la foule et à la scène.
Valandir, posté au fond, près de la sortie de la salle, croise son regard.
OREILLETTE — CRI DE VALANDIR
VOIX-OFF DE VALANDIR
À toute l’équipe, DANGER ! PROTEGEZ LA CIBLE !
Je répète : DANGER ! RETRAIT IMMEDIAT!
Genesys projette un drone vers la scène.
POV DRONE — SCÈNE
Tak surgit.
Il emporte Manichawa sous son bras.
Confusion totale.
Musique stoppée.
Manichawa se débat, frappe Tak.
Flashes de commlinks.
POV DRONE 2 — ESCALIERS
VALANDIR poursuit une femme androgyne :
NIGEL HOUGHTON, cheveux blancs au carré, pantalon d’équitation, allure aristocratique.
Elle s’arrête.
Chante une litanie a cappella.
Une boule de lumière se forme sur le pommeau argenté de sa canne.
FONDU AU NOIR.
TITRE ECRAN (les mois défilent à l'envers)
JUILLET 2081 → MARS 2081
→ DECEMBRE 2080 → 30 SEPTEMBRE 2080
WARRENTON
SCÈNE 17: EXT. OCÉAN PACIFIQUE — NUIT
Croissant de Lune.
Ciel d’été étoilé.
Ressac puissant.
Deux MCT Fly‑Spy émergent du bas du cadre.
Lasers bleus.
Musique de transe indienne, lointaine.
INT. PIÈCE SOMBRE — NUIT
Gros plan : Genesys, yeux révulsés.
Elle contrôle ses drones télépathiquement.
POV DRONE 1 — LARGE
Une petite embarcation de fans.
Ils trinquent, rient, fêtent l’anniversaire de Manichawa.
FAN
Allez quoi, m’sieur le drone, soyez cool !
On veut juste écouter le concert !
Promis, pas de relais sauvage !
POV DRONE 2 — VILLA
Un cygne blanc géant apparaît.
Illuminé.
Majestueux.
Une villa luxueuse en forme de cygne, posée sur la plage.
Quartier balnéaire fortuné de Warrenton, enclave de Tir Tairngire (territoire elfique, donc).
EXT. VILLA CYGNE — NUIT
Sur la terrasse du 3e étage :
TAK surveille.
GIACOMO se tient accroupi derrière un ampli et regarde sa maîtresse.
MANICHAWA en concert improvisé avec Chawa’s Seven :
- Bogo (batterie)
- Cumbren (contrebasse/choriste)
- Loggy (percussions/effets de synthés)
- Amiouzy Daviar (guitare/chant)
- Gourik le Dredd (basse)
- Grigory Sirkis (guitare/claviers/violons)
- Benny BTL (machines)
ZARA DJAWADI gère une console 16 pistes posée comme elle peut.
Le son est brut, imparfait, vivant.
INT. OREILLETTE — GENESYS
TAK
Ok, Genesys. Je vois ça.
EXT. VILLA — DESCENTE VISUELLE
KIM est perchée dans la tête du cygne, en sniper.
La caméra glisse le long du cou du cygne, des courbes, des balcons (on voit Tak, de loin, s'approcher de Giacomo pour lui parler dans l'oreille).
EXT. PISCINE — NUIT
Piscine curviligne, bleue, sublime sous la Lune.
Palmiers.
Lumières d’ambiance.
Invités cyberpunk, à moitié immergés, cocktails en main.
On aperçoit :
Ahmed, Hyperbole, Carlotta avec une blonde pétillante (Guinnevere).
EXT. SALON EXTÉRIEUR — NUIT
Un groupe plus âgé, haute société.
Cigares, old fashioneds, vodka sunrise.
SILVERMOON, petit gobelin sec (façon Iggy POP) aux cheveux blancs, raconte des blagues.
Autour de lui :
hommes d’affaires, femmes élégantes, un orque bleu garde du corps.
VALANDIR écoute discrètement la conversation.
Pas compatible avec les mesures de sécurité.
Mais ça me fait plaisir de vous revoir, bande de brigands !
Un vieux nain d'origine indienne, également, lui répond.
Le drone s’élève.
Vue nocturne sur Warrenton, le Mont Rainier, et Seattle au nord.
CUT NOIR
TITRE ECRAN (les mois défilent à l'envers)
MARS 2081 → DECEMBRE 2080
→ SEPTEMBRE 2080 → AOUT 2080
WARRENTON
SCÈNE 18: INT. VILLA DU CYGNE — PC DE SÉCURITÉ — NUIT
Petit local technique, murs blancs, logo CYGNE sur plusieurs équipements.
Écrans multiples.
Marque de droits réservés : CG‑SAID sur chaque flux vidéo.
GENESYS prend le relais de Tak.
Elle balaye les 60 caméras de la villa.
Une odeur désagréable.
Elle cherche la source.
Son regard tombe sur un gobelet de café rempli de mégots, oublié par Tak.
Elle grimace.
Derrière elle, l’écran caméra 5 — garage grésille.
Une micro‑coupure.
SCÈNE 19: EXT. ROUTE — NUIT
Le GMC Bulldog de Genesys roule vite.
Elle mâche un chewing‑gum, concentrée.
À côté d’elle, VALANDIR, passager avant, encore ensommeillé.
INT. BULLDOG — NUIT
GENESYS
Kim, tu me reçois ?
VOIX-OFF DE KIM
Ouais p’tit machin.
J’ai la caméra de ton deuxième drone en visu.
C’est un Vespa qu’elles ont, non ?
GENESYS
Oui. Électrique surboosté.
Je peine à suivre dans les virages.
Elle connaît la route par cœur.
Valandir se plaint dans l’oreillette.
VALANDIR
Peut‑être… mais elle nous fait chier, la princesse.
Je venais juste de m’endormir.
Et c’est qui sur le porte‑bagages ?
Hyperbole, j’imagine ?
Genesys fait une bulle avec son chewing‑gum.
GENESYS
Tout juste Auguste.
Et je peux te dire que la suspension du Vespa, c’est pas de la camelote.
Il tient le coup malgré l'énorme cul.
On arrive en ville.
Elles ralentissent.
Je vais envoyer un drone, faire semblant de tourner à droite.
On les suit de loin.
INT. PC DE SÉCURITÉ — VILLA DU CYGNE — NUIT
Kim, à la console, répond :
KIM
Valandir, cher coéquipier…
Tu fais gaffe à leurs miches, OK ?
Tu nous les ramènes en douceur, comme tu sais faire.
EXT. PISCINE — VILLA DU CYGNE — NUIT
TAK déambule autour de la piscine.
Il étouffe un rire.
INT. BULLDOG — NUIT
Genesys, pensive.
GENESYS
Elle est super indépendante…
Mais quel charme fou elle a.
Quand elle te regarde, c’est comme si elle te parlait dans la tête.
Une vraie Galadriel…
VALANDIR
Oui.
Un charme au‑delà de la norme, même pour une elfe.
C’est une face.
Logique qu’elle soit une artiste internationale.
Mais n’empêche… elle nous fait chier.
Largue‑moi là.
Je vais les rejoindre.
GENESYS
Elles se sont arrêtées dans un club, à trois pâtés de maison.
À plus.
Sors‑lui ton numéro de charme.
Ils se sourient.
CUT.
SCÈNE 20: INT. PC DE SÉCURITÉ — MIDI
Soleil haut.
Lumière blanche.
Une alarme sonore retentit.
Genesys bascule sur Caméra Portail n°1.
POV CAMÉRA — PORTAIL DU DOMAINE
Portail de fer forgé, motifs de cygne.
Zone boisée.
Route privée en lacets.
Une McLaren noire se gare.
Une femme en combinaison de cuir noir en sort.
Lunettes de soleil.
Démarche assurée.
Eleanor WHITAKER.
Elle avance vers l’interphone.
Elle appuie sur le bouton.
VOIX DE GENESYS (INTERPHONE)
Villa du Cygne, bonjour.
Eleanor fixe la caméra de l’interphone.
Son regard est brûlant.
VOIX DE GENESYS (INTERPHONE)
Un ami de qui ça vous avez dit?
ELEANOR
De Manichawa.
SCÈNE 21: EXT. IMMEUBLE — ÉTAGE ÉLEVÉ — JOUR
Contre‑plongée sur GENESYS, à la fenêtre d’un immeuble.
Elle observe en contrebas une McLaren noire filant dans le trafic.
CUT.
TITRE ECRAN (les mois défilent à l'envers)
DECEMBRE 2080 → SEPTEMBRE 2080
→ AOUT 2080 → 2070
SEATTLE
SCÈNE 22: EXT. FAUBOURG DE SEATTLE — NUIT
Bruits de trafic urbain.
Puis un grondement.
Un rugissement.
Fondu en ouverture.
Une dizaine de Yamaha Bandit 7 “Cracker” déboulent à pleine vitesse.
Le sol tremble.
Ils passent devant la caméra, comme un troupeau mécanique.
Un camion.
Deux taxis.
Des scooters.
Puis les phares d’une petite Ferrari jaune, qui arrive très vite.
INT. FERRARI JAUNE — NUIT
GENESYS, 21 ans, cheveux courts, justaucorps de synthécuir rouge.
Casque noir aux liserés d’or.
Lunettes de soleil.
Elle pilote sans câblage, pure conduite physique.
GENESYS
Jouez pas au move‑badaud avec moi les gugusses…
Je vais vous chopper cette fois.
Elle enclenche un armement latéral :
des piques coniques hérissées de clous sortent des enjoliveurs.
Elle évite un triporteur électrique ivre.
Alarme d’une camionnette autoguidée sur la droite.
La carrosserie de la Ferrari est déjà abîmée.
EXT. CARREFOUR — NUIT
Un embouteillage monstre.
Un véhicule gris, aux couleurs du gang, bloque tout.
Genesys pile.
GENESYS
Putain de chier, bordel !
CUT. SILENCE.
SCÈNE 23: INT. HANGAR — NUIT
Grand hangar vieillot.
Pièces de récup.
Caisses à outils.
Armes illégales pour véhicules.
Genesys enlève son casque.
Elle est jeune, nerveuse, essoufflée.
PUCCINI, petit nain mécanicien, crayon derrière l’oreille, calotte de cuir, l’engueule.
PUCCINI
Putain Porntoy, t’aurais pu faire gaffe à la carrosserie !
GENESYS
Désolée Puccini.
Entre emplafonner un poivrot et abîmer la peinture…
J’ai pas hésité longtemps.
Clin d’œil.
PUCCINI
Grmbl… Johnson va être furax.
Fallait emplafonner le leader du gang.
On en est loin.
GENESYS
T’inquiète.
Je vais finir par le baiser.
Sa pétoire commence à ioniser.
Je vais t’emprunter la Kawasaki et un Fly‑Spy.
J’ai un plan.
Demain, aller‑retour.
Pas une éraflure.
Johnson aura ce qu’il veut.
Et toi, tu repeins ma caisse.
Elle regarde la Ferrari jaune.
GENESYS
Tu profiterais pas pour changer la couleur ?
J’en ai ras le cul de ce jaune.
PUCCINI
Noir ou rouge, pas de problème.
900 nuyens.
GENESYS
Et pour les rayures ?
Genesys soupire.
Elle larmoie.
GENESYS
Évidemment… c’est pile ce qui me reste.
Ils avaient préparé leur coup.
J’en ai marre…
Si seulement…
Elle hésite.
GENESYS
Dis, Puccini ?
PUCCINI
Quoi ?
GENESYS
Tu me le ferais à combien…
le câblage de contrôle de véhicules ?
PUCCINI
Au‑dessus de tes moyens, Porntoy.
GENESYS
C'est ce qu'on verra.
À demain soir.
CUT.
TITRE ECRAN (les mois puis les années défilent à l'envers)
SEPTEMBRE 2080 → AOUT 2080
→ 2070 → 2064
ALBUQUERQUE
SCÈNE 24: INT. SALON FAMILIAL — JOUR
Ambiance chaleureuse.
Parents souriants.
Genesys, 15 ans, ouvre un cadeau :
une console tridéo avec jeux de course.
Elle sélectionne une Ferrari.
Toujours jaune.
TITRE ECRAN (les mois puis les années défilent à l'envers)
AOUT 2080 → 2070
→ 2064 → 2059
CONEY ISLAND
SCÈNE 25: EXT. FOIRE CONEY ISLAND — JOUR
Genesys, 10 ans, tire au pistolet sur un stand.
Elle gagne une peluche rose en forme de cochon.
TITRE ECRAN (les mois puis les années défilent à l'envers)
2070 → 2064
→ 2059 → 2054
ALBUQUERQUE
SCÈNE 26: INT. SALON — JOUR — SÉPIA
Genesys, 5 ans, déballe un paquet.
Son père l’aide à sortir une voiture à pédales jaune.
Elle rit.
FONDU AU NOIR.
TITRE ECRAN (les années redéfilent à l'endroit)
2054 → 2059
→ 2064 → 2070
→ 2080 → 2081
→ 2082
SCÈNE 27: RETOUR A LA COURSE - SON — FOULE
Clameurs.
Speaker public.
VOIX-OFF DU SPEAKER (V.O.)
Pfurz a abandonné !
Il ne reste que Daichi et Genesys!
Moins d’un kilomètre !
INT. TUBE DE VERRE — COURSE
La Rozelyne Löwen rouge de Daichi.
La Fevara jaune de Genesys.
Daichi provoque un choc latéral.
Genesys freine.
Il prend la tête.
Kim snipe.
Tak canarde les drones ravitailleurs.
Valandir rêve qu’il marche en forêt.
Genesys incline la Fevara.
Elle grimpe la paroi du tube, presque à l’envers.
Daichi voit Tak au loin.
Puis la Fevara, suspendue comme une mouche sous le “toit”.
Il tourne brusquement.
Freins rouges.
Dérapage.
La Fevara redescend en oblique, prête à retomber sur son flanc.
CUT.
SCÈNE 28: INT. PASSERELLE - OISEAU DE PARADIS — NUIT
En uniforme d’officière navigante, Genesys akias Cateluna NAVAJO évacue la passerelle de l’Oiseau du Paradis, dans des lumière clignotantes, aux côtés de la commandante Kaya KEENE alors que la Terre tourne vite derrière la baie vitrée.
CUT NOIR.
MUSIQUE: Sunset, THE MIDNIGHT
GENERIQUE FIN - en alternance avec photos du tournage
Genesys DA SILVA : Ursula Corbero
Valandir: Pierre Niney
Takkeshi KATAUENDO dit "Tak": Pio Marmaï
Kim SAVAGE: Anya Chalotra
Manichawa: Tripti Dimri
Daichi SATO-Kai: Fumiya Takahashi
Aurelius "Silvermoon" TARRAF: Peter Dinklage
Eleanor WHITAKER: Anja Taylor Joy
Ahmed AL FOUZIA ("le Charbonnier"): Mehdi Debhi
Benny BTL: John Bradley
Marc Orgayle: Mark Stanley
Giacomo: Michaël Sheen
Carlotta: Cailee Spaeny
Sean Finnegan: Allen Leech
Nigele Houghton: Tilda Cobham Hervey
Geraldo Martinez: Bernardo Velasco
Zara Djawadi: Coco Jones
Hyperbole: Meghan Richards
Puccini: Billy Boyd
and the Chawa's six musicians:
Amiouzy DAVIAR: Théodore Pellerin
Grigory SIRKIS: Itzan Escamilla
Bogo le Troll: Christopher Hivju
Loggy le Halfeling: Michael Cera
Gourik le Dredd: Julien de Saint-Jean
Cumbren la discrète: Hunter Schaffer
Prochain épisode: 103 - Triangulum (v2.0)













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