Les 7 constellations - Episode 1 - Apus (version 2.0)
HBO presents
A BIG BILL and BAND APART participative coproduction
SCENE 0: GENERIQUE
Musique: The Starship Avalon par Thomas NEWMANN
ORIGINAL MUSIC: Thomas NEWMAN - The Midnight - M83
Tandis que défilent des êtres humains qui ont supervisé les différents aspects de la production de la série, les noms des acteurs, on balaie un très beau ciel étoilé:
A Story by Frédéric AUTIER
Les constellations se succèdent dans la nuit, on voit leur étoiles principales si bien que les amateurs reconnaîtront de quelles vraies constellations il s'agit, sinon les autres ne feront pas tout de suite attention. On ne fait pas encore de "relier les points par des pointillés". C'est un truc qu'on fera pour le titre de l'épisode, Apus, un peu plus tard.
- la Constellation du Cygne,
Tripti DIMRI
- la Couronne Boréale,
Anja Joy-Foti
- le Verseau,
Mehdi Dehbi
la Règle,
Itsiar ITUNO
Mark STRONG
- le Lion,
Fumiya TAKAHASHI
- le Dragon…
Kenji OBA
- et le Caméléon
Pierre NINEY
Ursula CORBERO
Pio MARMAÏ
Anja CHALOTRA
Vu dans un ciel nocturne parfaitement étoilé et arrivant de très loin, presque tout d’abord comme un point imperceptible, le bec de l'Oiseau de Paradis (station spatiale) tombe en énorme boule d’acier et de feu, le bec dans l'eau, joli symbole. Le raz de marée que sa chute provoque sur les côtes de Vancouver commet de terribles dégâts. Un enfant blond, noyé, est emporté au ralenti au milieu de branches, de troncs d’arbres et de déchets de toutes sortes, par les flots bourbeux de la dévastation…
Mais l’intérieur des terres, d’abord gris et bleu pâle, constellé de débris divers lorsque submergé par le tsunami, quelques gratte-ciels futuristes à la Blade Runner dépassant des flots, se recouvre peu à peu d’une terre verte et fertile avec des champs, des forêts, et des papillons et des fleurs et des princesses guerrières elfiques… Puis l’une des guerrières se transforme en chanteuse solitaire sur la scène d’un gigantesque concert de stade, avant que la noble et bienveillante face d’un puissant dragon (Dunkelzahn le Vénérable) apparaisse en filigrane flamboyant.
SCENE 1: INT. MUSÉE NATIONAL DE TOKYO — NUIT
Une salle immense, plongée dans une pénombre bleutée.
Un seul tableau est éclairé :
La Grande Vague de Kanagawa, version originale, protégée derrière une vitre blindée.
La caméra s’approche lentement du tableau.
On lit dessous le nom du peintre: Hokusai.
On plonge vers la grande vague.
Les pigments bleus semblent vibrer.
Le blanc de l’écume pulse comme un cœur.
VOIX-OFF DE MANICHAWA (V.O.)
On raconte que le monde s’est éveillé deux fois.
La première, quand les dragons ont ouvert les yeux.
La seconde, quand les humains ont accepté qu’ils faisaient désormais partie
du monde des méta-humains.
La caméra franchit la vitre.
Elle traverse littéralement la vague avant de se rapprocher du Mont Fuji qu'on aperçoit en arrière-plan de l'estampe.
Le bleu devient nuit.
La caméra passe à travers le volcan du tableau.
Tokyo s’étend, lumineuse, tentaculaire, vivante.
Au loin, une silhouette noire domine l’horizon :
Le Mont Fuji, le
vrai. Et il fume de petites colonnes discontinues de vapeurs
sulfureuses, jaunies par l'éclairage urbain, que l'on aperçoit de loin.
La caméra s'en rapproche à grande vitesse.
Un grondement sourd.
Une vibration.
Une lueur rouge.
Le 25 décembre 2011.
Quand le Mont Fuji a craché du feu…
et qu’un dragon est sorti du ciel.
SCENE 3: EXT. MONT FUJI — CONTINU
La caméra fonce vers le volcan.
La lave pulse comme un cœur incandescent.
Une explosion silencieuse.
Un geyser de lumière.
Et dans cette lumière…
une forme serpentine, immense, élégante, impossible.
RYŪGU, le dragon, émerge du panache volcanique.
Son corps est noir liseré de blanc, les écailles plutôt lisses et
finement emboîtées, massif, à deux pattes et deux ailes. Sa gueule est
immense et il traîne de longs sourcils blancs derrière ses yeux blancs
sur fond noir.
La caméra suit Ryūgu qui monte vers le ciel.
Il s’élève.
Il tourne.
Il rugit sans bruit.
VOIX DE MANICHAWA (V.O.)
Ryūgu.
Premier dragon du Sixième Monde.
Premier signe que la magie prenait corps...
Et plein d'autres volcans se sont mis à cracher des dragons à leur tour.
SCENE 4: EXT. CIEL — CONTINU
Le dragon s’élève doucement, en volant dans des ondulations élégantes, vers la stratosphère.
VOIX DE MANICHAWA (V.O.)
Après les dragons, vinrent les monstres de Loch-Ness, les manticores, les licornes, les
farfadets, les loups-garous, les chimères, les cerbères, les succubes, les fantômes, les aigles foudroyants, les hommes-arbres, les griffons...
Toutes ces créatures apparaissent les unes après les autres comme des dessins d'enfants tracés avec une pointe blanc-bleutée très fine en superposition sur le ciel étoilé qui tourne lentement au-dessus du Dragon, pendant que la VOIX-OFF DE MANICHAWA (V.O.) poursuit:
"Puis il y eu une pandémie d'origine inconnue et les elfes virent le jour parmi les humains, parfois à la naissance, sinon dans l'enfance. Je suis Maharani, une indienne d'origine, née elfe de parents elfiques.
Valandir, lui, un beau mec qui m'est cher, est devenu elfe dans l'enfance, ses parents n'étaient pas méta-humains."
Toujours le même principe: des esquisses de personnages se dessinent dans le ciel successivement tandis que Manichawa poursuit sont récit.
"Puis se passa ce que les anthropologues nommèrent la gobelinisation, et quelques humains tout autour du monde subirent des mutations et prirent des caractéristiques physiques qui leur valurent, entre autres, les surnoms de trolls et d'orques. C'est là que deux autres héros, Tak... et Kim, entrent en scène."
SCENE 5: CUT. INT. NUIT
Music: Crystalline de Thomas NEWMAN
Elle pleure très fort.
SCENE 6: EXT. CIEL NUIT — CONTINU AVEC SCENE 4
Jusque-là, la caméra suivait Ryugu, mais à présent elle le dépasse.
Le ciel devient noir.
Les étoiles apparaissent.
La caméra va glisser lentement d’une constellation à l’autre, croisant parfois le chemin de la Terre, de la Lune ou du Soleil. Il arrive que des navettes ou des fusées ou des satellites ou des stations orbitales scientifiques traversent l'écran entre deux constellations. Le ciel est vivant, lumineux, animé.
1. Le Cygne
Une silhouette blanche, élégante, élancée. Pas de pointillés pour relier les étoiles: elles apparaissent avec suffisamment de relief.
VOIX DE MANICHAWA (V.O.)
« Moi, je sers le Cygne.
Une constellation qui aligne sa belle voilure symétrique sur celle de la Voie Lactée dont elle suit la route dans le ciel d'été.
Un symbole astronomique dont l'entreprise de mon père a fait l'acquisition durant mon adolescence.
Mon père c'est Albiréo, la tête du Cygne.
Sadr, le Coeur du Cygne, c'est le surnom que j'ai donné à ma grand-mère.
Et moi, Maharani, je suis Deneb, le gouvernail, l'étoile la plus brillante".
2. La Couronne Boréale
Un petit diadème d’étoiles, délicat, presque timide, apparaît.
"Ah oui, il faut que je vous explique. Il y a une quinzaine d'années, une petite start-up du nom de Stars Ocean, devenue rapidement une filiale de chez HORIZON Corp. [triple A], s'est mise en tête de vendre des brevets d'exclusivité sur les symboles et les images des 88 constellations d'étoiles du ciel."
SCENE 7: INT. JOUR - BUREAUX DE STARS OCEAN
Bureau luxueux ensoleillé, avec un logo d'étoiles et de galaxies.
Un homme d'affaires souriant, au costume parfaitement ajusté, remet un contrat à une femme que l'on voit de dos. Elle a une belle chevelure brune, avec une belle silhouette qui porte encore l'empreinte et le charme d'une certaine jeunesse. C'est Eleanor WHITAKER. Elle est vêtue en tailleur et bas nylons, escarpins à aiguilles.
Elle remet un créditube Platine à son interlocuteur.
Un chiffre clignote à l'écran alors que l'on devine un beau visage à la bouche maquillée de rouge vif sur l'écran de son commlink: "2 350 000 nuyens".
SCENE 8: EXT. CIEL NUIT — CONTINU AVEC SCENE 6
La caméra quitte la constellation de la Couronne Boréale et poursuit lentement sa course dans le ciel.
3. Le Lion
Une large constellation dorée, puissante. On dirait qu’elle rugit, même dans le silence du vide.
Les SATO-Kai sont le deuxième principal actionnaire de MITSUHAMA Corp. [triple A], la plus puissante des Big Ten. Un monstre de la magie, de l'espace, de l'IA, de la tech. On va y revenir. »
4. La Règle
Une ligne droite d’étoiles, nette, tranchante, presque agressive dans sa simplicité.
« La Règle. La constellation des puissances de la logique et de la statistique qui veulent que les flux de données soient mesurés en tout, classés, prévisibles, rentables, sous contrôle.
La Règle impose la rectitude, avec zèle.
Mon père semble dire qu'elle a récemment trouvé un propriétaire et qu'il va falloir que je m'en occupe. Il y a une piste en Egypte, un truc dangereux.
Je vais avoir besoin d'une sérieuse escorte.»
5. Le Verseau
Une cascade d’étoiles bleutées, comme un vase renversé dans le ciel.
« Le Verseau. Des corpos tournaient autour depuis des années. Mais ça vient d'être pris par une organisation anonyme qui a su enchérir au juste prix."
Le prix en chiffres "4 750 000 nuyens" clignote en surimpression à l'écran.
"Un truc basé à Londres, probablement une organisation criminelle autour du trafic de drogues naturelles, qui a des ramifications en Europe, en Amérique du Nord, et dans toutes les nations amérindiennes. Il va falloir que j'enquête là-dessus, aussi. »
6. Le Dragon
Une constellation discrète mais présente et puissante au firmament, serpentine, qui semble vibrer légèrement.
« Le Dragon. Une des plus coûteuses.
MITSUHAMA [triple A] l’a acheté sans hésiter.
Ils disent que c’est un hommage aux légendes. Mais tout le monde sait que c’est un avertissement. »
7. Le Caméléon
Une constellation instable à quatre étoiles principales, qui changent successivement et subtilement de luminosité ainsi que de forme et de couleur (en croix rouges, puis triangulaires vertes, puis carrées blanches, puis rondes bleues...).
"Le Caméléon. Personne n’en veut encore, c'est l'une des moins chères, à peine trois cent mille nuyens. Trop changeant, trop imprévisible. Et puis: est-ce que dans ce monde, ceux qui savent changer d'apparence survivent plus longtemps que les autres?"
8. L’Oiseau de Paradis
Une constellation multicolore, vibrante. Cette fois, et cette fois uniquement, des lignes pointillées relient les quelques rares étoiles principales et le titre de l'épisode apparaît enfin à côté:
Apus
"L’Oiseau de Paradis. La constellation dont on se souviendra comme la plus chère de toutes.
Brevetée par le club des dix mégacorpos triple A, les Big Ten.
Et elles ont matérialisé le symbole."
Le nombre immense de 750 milliards de nuyens clignote à l'écran sur un créditube en surimpression.
"L'Oiseau de Paradis, maintenant, c'est le siège du Big Board, la salle de conférences panoramique où les mégacorpos édictent leurs lois injustes pour diriger le Monde."
La caméra quitte les constellations.
Elle plonge vers un point lumineux.
Un objet gigantesque apparaît.
Une structure en forme de paille-en-queue, avec des ailes déployées comme des boomerangs.
L’OISEAU DE PARADIS, station orbitale hôtelière de luxe.
Un oiseau de verre et de métal.
VOIX-OFF DE MANICHAWA (V.O.)
« L’Oiseau de Paradis.
Là où les puissants dorment, décident…
et parfois meurent. »
La caméra longe la coque pendant ce temps
On voit :
- des touristes en apesanteur,
- des jardins intérieurs,
- des modules d'évacuation vitrés suspendus sous les armatures de la station
- la grande salle de conférence au dernier niveau sous le ventre de l'oiseau avec sol transparent et vue panoramique sur la Terre,
- une piscine où crawlent quelques nageurs,
- un ascenseur zéro G,
- des couloirs luxueux aux lumières tamisées...
La caméra traverse une double porte à galandages latéraux, décorée avec des motifs de dragon.
SCENE 9: INT. OISEAU DE PARADIS — CHAMBRES D'HÔTEL — CONTINU
La caméra glisse dans une suite luxueuse comme un fantôme. Elle y croise deux japonais, l'un jeune et sportif, l'autre vieux, avec un embonpoint, qui boivent du thé en conversant gravement.
Elle franchit une cloison, puis d'autres cloisons, d'autres couloirs.
Une chambre plus petite, mais très confortable et lumineuse. Une decker orque dégingandée en treillis de combat pianote sur son cyberdeck. Elle ressemble à la petite fille aperçue à la scène 5.
La caméra passe devant :
- un bar très chic où un barman prépare un cocktail vert devant un elfe élégant en cape de synthé cuir noir et rouge
- une salle de réunion vide avec dix sièges noirs,
- un poste de sécurité de la police de bord où un troll bien baraqué et câblé surveille des écrans de contrôle
- des coursives plus techniques qui portent toutes le sigle "N2C Bridge"
- l'entrée d'une usine sécurisée avec panneaux de signalisation de danger radioactif.
- et enfin un couloir de service où deux techniciens en combinaison synthétique, portant des bouteilles d'oxygène longilignes et fuselées sur leurs dos, avec un casque rouge et un masque intégral pendant en bandoulière, discutent en chuchotant.
MIRA
On est censés alimenter un palace pour deux mille cinq cents personnes… et on a des pièces de rechange qui datent de la guerre du Pacifique.
KAZUO Bienvenue dans l’espace. Tout est cher, tout est lent, tout est cassé. Comme mon mariage.
Ils rient.
La caméra glisse derrière eux, montrant la profondeur du réacteur.
KAZUO T’as vu la note de communication de l'officier de garde ? Sur le protocole d'évacuation?
Mira se fige.
MIRA
Le protocole Onyx ?
Non.
Mais j’ai pas envie d’être là si ça s’active un jour.
La caméra continue vers la tête de l'Oiseau.
- une salle de commandes spatiale où s'active une officière navigante latino-américaine en uniforme impeccable
Le travelling se poursuit.
La caméra ressort dans l'espace comme par magie puis rentre à nouveau à travers un des deux yeux.
SCENE 10: INT. OISEAU DE PARADIS — QUARTIERS DE LA COMMANDANTE — NUIT - TRAVELLING CONTINU
La caméra traversée la baie vitrée de l'oeil et entre dans une chambre sobre, élégante, parfaitement rangée.
Dans le lit, la commandante KAYA KEENE dort profondément, vêtue d'un t-shirt laissant ses épaules nues.
Elle respire vite.
Elle rêve.
Certaines ont trop peur de le perdre et font des cauchemars. »
Un grondement sourd.
Une vibration.
Une lumière rouge clignote.
Gros plan sur les yeux agités sous les paupières fermées de la commandante.
(Musique : Blade Runner Blues de VANGELIS)
SCENE 11: INT. CHAMBRE D’HÔTEL — LA HAYE — AUBE
Une respiration courte.
Visage crispé.
KAYA KEENE ouvre brusquement les yeux.
Elle sort d’un cauchemar — un de ceux qui reviennent, qui collent à la peau.
Elle murmure, presque sans voix :
KAYA
Silthrim… mon ange… je t’aime…
Un hologramme rouge projette l’heure sur le plafond : 06:42.
Pendant un instant, on pourrait croire qu’elle est à bord de l’Oiseau de Paradis.
Mais non.
Les murs sont droits, crème, sans courbes.
L’architecture est vieille Europe, pas orbitale.
Kaya s’assoit, souffle long.
Elle enfile un peignoir gris, se lève, marche jusqu’au petit chevet.
Une enveloppe blanche l’attend.
Elle l’ouvre.
Une convocation officielle :
Commission d’Enquête Internationale sur l’Affaire de l’Oiseau de Paradis (CEIAOP)
Audition : 09h00
Elle referme l’enveloppe, pose son commlink dessus.
Un geste militaire, précis, presque rituel.
SCENE 12: INT. SALLE DE BAIN — CONTINU
La cabine de douche s’ouvre.
La lumière est froide, presque clinique.
Les pieds nus de Kaya hésitent un instant avant d’entrer.
Puis le pommeau crache une pluie vaporeuse.
Montage lent, sensuel, mélancolique :
- l’eau qui glisse sur ses mollets,
- ses mains qui pétrissent le savon,
- son regard perdu,
- un éclat de joie,
- un éclat de tristesse,
- son ventre qu’elle frotte doucement — un corps qui a souffert,
- l’eau qui ruisselle sur ses épaules,
- le pommeau qui s’éteint,
- la serviette qu’elle passe dans ses cheveux courts,
- ses fesses musclées,
- son souffle qui revient.
La musique enveloppe toujours la scène.
SCENE 13: INT. CHAMBRE D’HÔTEL — PLUS TARD
Kaya s’habille. Un tailleur élégant, presque moulant, ce qui va bien à ses formes quincagénaires encore bien jolies.
Elle se maquille légèrement, gestes précis, maîtrisés.
À la radio, un speaker surexcité :
SPEAKER (RADIO)
Ouais mes p’tits bonbons, ça chille grave !
Et pour finir cette heure de musiques tous azimuts,
un extrait du live de Manichawa au Caire, juillet 2081 !
Vous avez la vidéo sur notre MeFeed.
On pense à toi, Chawa !
La voix de Manichawa résonne dans la pièce, douce et puissante.
Kaya inspecte la chambre une dernière fois —
un réflexe de commandante.
Puis elle ferme la porte.
SCENE 14: EXT. HÔTEL — LA HAYE — MATIN
Une marée de journalistes l’attend.
Flashs.
Microphones.
Cris.
JOURNALISTE 1 (DE TELEGRAAF)
Colonelle Keene !
Comment vivez-vous le fait d’être pratiquement mise sur le banc des accusés ?
JOURNALISTE 2 (ACCENT HONGROIS)
Colonelle Kaya, comment voirrr-vous suite de votrre carrière ?
JOURNALISTE 3 (TIR NA NOG MAGAZINE)
Quelle part de responsabilité imputez-vous aux Big Ten dans cette affaire ?
Kaya avance, impassible, protégée par trois silhouettes massives :
- un elfe en manteau de cuir et de flammes (Valandir)
- une orque aiguisée, paramilitaire (Kim)
- un troll samouraï, costume japonais, gilet pare‑balles (Tak).
Ils l’escortent jusqu’à un GMC Bulldog noir, luxueux, vitres teintées.
INT. GMC BULLDOG — CONTINU
Le van démarre.
À l’avant, une petite humaine brune, silhouette athlétique, tresse à la Lara Croft.
GENESYS DA SILVA, alias Cateluna Navajo.
Elle semble immobile, détendue…
mais un câble part de sa nuque vers le tableau de bord.
Ses lunettes connectées affichent des données en continu.
Elle pilote par la pensée.
EXT. RUES DE LA HAYE — CONTINU
Le van traverse deux foules opposées :
À gauche : les anti‑corpos
Pancartes :
- « À bas la dictature corporatiste ! »
- « Vive P‑Vishwa ! »
À droite : les anti‑métahumains
Pancartes :
- « Non à la suprématie des éveillés ! »
- « CG‑SAID : nouveaux tyrans à la solde des elfes ! »
Les cris se mêlent.
Les flashs explosent.
Le van avance.
EXT. RUE — HAUTEUR — CONTINU
La caméra s’élève verticalement.
Le van devient un point noir dans la foule.
Derrière lui, un second Bulldog suit.
On y a vu monter :
- un petit homme aux cheveux gris (Aurélius "SILVERMOON" Tarraf),
- un cyborg au masque vénitien, (Giacomo)
- deux gardes du corps de la Maison du Cygne,
costumes noirs, lunettes opaques,
l’un blond, l’autre brun.
SCENE 15: INT. SALLE D’AUDIENCE — CEIAOP — MATIN
Une salle immense, richement décorée, ancestrale, bondée à craquer de monde (journalistes, officiels, caméramen, corpos, particuliers curieux, équipes de sécurité...).
Lumière naturelle venant de larges baies vitrées, le matin.
Silence tendu.
On entrevoit de nombreux protagonistes de l'histoire dans la foule du public, encore non identifiés. Silvermoon, Vikram CHANDRAWATI et son épouse Nidjam, James OKONKWO et Suliman VEGA, les adjoints de la commandante KEENE à bord de la Station, les musiciens des Chawa's Seven, Carlotta, Giacomo, Hyperbole, Puccini le vieil ami de Genesys, Marc ORGAYLE l'elfe patron du Babylon DC, Giroldo STONE, le producteur musical des Chawa's Seven, des corpos de toute la planète, des huiles des policlubs et des yakuzas dotés d'accréditations officieuses...
Au centre : une table.
D’un côté, KAYA KEENE, droite, uniforme impeccable, visage fermé, dans un fauteuil confortable protégé de bois.
De l’autre : Elyna TREEHOUSE, présidente de la commission, costume sombre, belle chevelure rousse, lunettes fines qu’elle retire lentement du haut de son pupitre.
Elle relève les yeux de ses notes.
Kaya, assise dans un fauteuil enchâssé dans une belle estrade de bois surélevée, reste immobile, se penche vers un micro, et sur un ton neutre:
KAYA
L’un ou l’autre indifféremment.
“Commandante” fait référence à mon poste à bord de la Station.
“Colonelle” à mon grade dans l’Escadrille de Pilotage Spatial du Big Board.
Les deux emplois sont justes.
Treehouse incline légèrement la tête, satisfaite.
TREEHOUSE
Très bien, commandante Keene.
Elle feuillette une page, lentement, comme pour faire durer le silence. Quelques flashes crépitent.
TREEHOUSE
Vous confirmez que MITSUHAMA et ses filières sont le contributeur majoritaire dans la construction de l'Oiseau de Paradis, n'est-ce pas?
Murmures de désapprobation.
repasser en revue les événements ayant précédé
la décision finale que vous avez prise…
et qui a entraîné les conséquences que nous savons ?
Un léger frémissement passe dans le regard de Kaya.
Elle inspire profondément.
KAYA
Aucun problème.
Silence.
La caméra se rapproche de son visage.
Une ombre passe dans ses yeux.
SCENE 16: INT. OISEAU DE PARADIS — QUARTIERS DE LA COMMANDANTE KEENE — NUIT
Une alarme retentit tandis qu'on est à nouveau en gros plan sur le visage crispé et nerveux de la commandante KEENE endormie.
KAYA KEENE ouvre brusquement les yeux.
Le même cauchemar.
Toujours le même.
Elle reste immobile quelques secondes, le souffle court, les yeux fixés sur le plafond incurvé de sa suite orbitale. Le radio-réveil y projette l'heure en cristaux liquides: 2h43.
La lumière d’ambiance passe du bleu nuit au blanc doux.
Un système automatique détecte son réveil.
Kaya se lève, pieds nus sur le sol tiède.
INT. SALLE DE BAIN — CONTINU
L'alarme retentit toujours. La salle de bain est ronde, minimaliste, presque zen.
Pas de douche cette fois: Kaya ouvre le robinet du lavabo.
L’eau coule en un mince filet parfaitement calibré.
Elle se penche, se passe de l’eau sur le visage.
Longuement.
Comme si elle voulait effacer quelque chose.
Elle attrape un flacon de bain de bouche, boit une gorgée, grimace légèrement, recrache.
Un regard dans le miroir.
Ses yeux sont fatigués.
Son visage porte les traces d’une nuit trop courte et d’un passé trop lourd.
Elle souffle, ferme les yeux une seconde en se passant une serviette sur le visage.
La station vibre d'un grondement sourd et inhabituel. Sa serviette se soulève comme par magie, comme un fantôme, puis retombe brusquement sur ses joues.
La commandante semble interloquée. Elle jette sa serviette dans le lavabo et se précipite hors de la salle de bains. Cut sur la serviette: elle lévite à nouveau, plus faiblement, juste au-dessus du lavabo.
INT. CHAMBRE — CONTINU
Kaya, très pressée à présent, appuie sa main droite sur un détecteur mural, articule "Commandante KEENE opérationnelle" et après un déclic électronique, l'alarme de la chambre s'éteint.
Elle enfile son uniforme rapidement :
gestes précis, mécaniques, militaires.
- fermeture éclair,
- col ajusté,
- insigne magnétique,
- holster vide (elle le remarque, hésite, puis l’ignore)
- bottes connectées
Elle s'envole quelques instants dans les airs avant de retomber lourdement, surprise. Elle enclenche un bouton sur ses bottes. On entend un déclic magnétique. Puis elle prend son commlink et s'en équipe sur l'avant-bras gauche. Elle scrolle et enclenche une appli. Bouton "RECORD". Mode arrière-plan.
Puis elle se dirige vers la porte de sa chambre, accompagnée par la voix-off de Manichawa.
INT. COULOIR DE LA SUITE — CONTINU
La porte s’ouvre automatiquement.
Un léger souffle d’air.
La lumière du couloir est plus vive.
Kaya sort, referme derrière elle.
La caméra reste un instant sur la porte close.
Mais ce jour‑là, tout va définitivement basculer.
Pour le monde entier.
INT. OISEAU DE PARADIS — COULOIRS — CONTINU
Kaya marche d’un pas rapide.
Les parois courbes reflètent son uniforme.
Des drones de service glissent en silence et ramassent les objets qui flottent (par moments) ou qui chutent brusquement (à d'autres moments).
Un léger tremblement parcourt la station.
Presque imperceptible.
Kaya s’arrête au seuil d'une large porte à doubles galandages latéraux.
SCENE 17: INT. PASSERELLE DE NAVIGATION - CIEL ORBITAL
On voit les moniteurs de contrôle. On voit les officiers endormis. On voit la Terre tourner plus vite dans les larges baies vitrés panoramiques de la passerelle.
Un jeune officier arrive précipitamment, la casquette de travers, la chemise dépassant en partie du pantalon, la braguette ouverte.
Il disparaît en courant.
La commandante se rapproche du pupitre de Genesys qui essaie fébrilement d'activer des commandes.
Elle scrolle sur un écran tactile.
SCENE 18: INT. NUIT - CABINE DE KIM
La cabine est vide mais on reconnaît l'endroit où Kim était assise, plus tôt dans l'épisode. Et on reconnaît le cyberdeck, qui flotte mollement dans la pièce.
SCENE 19: INT. NUIT - COURSIVE TECHNIQUE INTERIEURE
Valandir et Kim courent le long d'une bande phosphorescente qui s'étend le long d'un petit couloir arrondi. On entend un coup de feu. Kim se retourne et canarde avec un fusil automatique planqué dans son bras.
Nouveaux coups de feu, en rafale. Valandir et Kim plongent à terre, contre les parois de la coursive. Mais ils se mettent brusquement à flotter dans le couloir. Valandir prépare une boule de feu entre ses mains.
SCENE 20: INT. NUIT - PC DE SECURITE
Un troll (TAK) câblé, en uniforme de police (avec l'écusson de l'Oiseau de Paradis fixé sur la poitrine), regarde un écran de contrôle, les jambes en l'air en position d'astronaute, agrippé au bureau par les mains.
Une alarme retentit, régulière, obsédante, inquiétante.
Sur l'écran de contrôle, plusieurs caméras de sécurité filment sous divers angles une suite hôtelière de luxe, en mode "urgence incendie" avec des spots oranges tournoyants et une lumière rouge. Il y a un trou dans la paroi de la baie vitrée et des objets divers flottent dans le vide, notamment des cuillères à thé en or et un coussin rouge portant l'emblème d'un dragon noir.
SCENE 21: INT. SALLE D’AUDIENCE — CEIAOP — MATIN
Silence.
La salle blanche résonne du froissement des dossiers.
La présidente Elyna TREEHOUSE consulte une note, puis lève les yeux.
À sa droite, Aurélius "SILVERMOON" Tarraf, petite hallucination génétique à mi-chemin entre un hobbit et un gobelin, d'ascendance indienne, très maigre, un corps à la Iggy Pop, cheveux blancs encore beaux, oreilles très pointues, costume tape-à-l'oeil, bagues et bracelets divers, lunettes fines, yeux bleus malicieux, posture décontractée, intervient d’une voix calme.
SILVERMOON
Tout d’abord, nous disposons des enregistrements de secours du commlink de la commandante Keene.
En grande professionnelle, elle avait établi des redondances dans toutes ses procédures.
Il pose une main sur un commlink un peu rayé.
SILVERMOON
Cela nous permet de minuter précisément le déroulé de l’incident,
même en l’absence des books de commandes de la passerelle.
Treehouse acquiesce, puis lit un passage à voix haute.
TREEHOUSE
Plusieurs passagers du module du pont N2G
ont distinctement vu la lumière rouge caractéristique
de l’alarme de dépressurisation
derrière la baie vitrée trouée d’une des suites du pont N5.
Elle relève les yeux vers Kaya.
TREEHOUSE
En recoupant avec le monitoring de la Passerelle
et les données du secrétariat général,
nous savons désormais qu’il s’agissait de la suite de MITSUHAMA.
Un murmure parcourt la salle.
et Daichi Sato‑Kai
tenaient des réunions de travail.
Ils s’y trouvaient probablement
au moment de la dépressurisation.
Elle marque une pause.
Son regard se fait plus perçant.
TREEHOUSE
Mais comment leur baie vitrée
s’est‑elle retrouvée trouée et fissurée ?
Silence.
On entend le crépitement des flashes.
TREEHOUSE
Nous l’ignorons.
La caméra se rapproche du visage de Kaya.
Elle ne cligne pas des yeux.
SCENE 22: EXT. STADE DREKKIVIK — REYKJAVIK — NUIT
Silence.
Un stade gigantesque, sculpté comme un dragon couché :
- la tête forme la scène,
- La régie-son est dans le museau
- le corps est dans la fosse,
- les ailes sont les gradins,
- la queue serpente autour du bâtiment,
- des écailles métalliques à l'entrée réfléchissent les lumières de la ville.
Un grondement sourd.
La foule hurle.
Des dizaines de milliers de spectateurs.
Des écrans holographiques flottent dans l’air glacé et pulsent comme des aurores boréales. Le ciel est noir.
VOIX-OFF DE MANICHAWA (V.O.)
Reykjavik…
La ville où l'histoire du Monde s'est infléchie.
Mais ça, personne ne le savait encore.
Pas même moi.
INT. SCÈNE — BACKSTAGE — NUIT
Les Chawa’s Seven s’installent sur la scène gigantesque, éclairée par des néons bleus et violets.
Bogo le Troll
Massif, tatoué, sourire carnassier.
Il teste ses fûts : BOOM — BOOM — BOOM.
Clameurs de la foule.
Loggy le Halfeling
Minuscule, nerveux, rondouillard, souriant, entouré de claviers et de synthés.
Il règle un pad lumineux : bip-bip-bip.
Clameurs derechef.
Rourik le Dredd
Nain à l’allure médiévale, barbe tressée, basse électronique en bandoulière.
Il accorde ses cordes avec une précision chirurgicale.
Applaudissements et hourras.
Cumbren la Discrète
Orque longiligne, cheveux noirs jusqu’aux reins.
Elle ajuste sa contrebasse, murmure une note grave qui fait vibrer la scène.
Cris et rugissements de plaisirs.
Amiouzy Daviar
Cousin de Manichawa, elfe guitariste, claviste et chanteur masculin.
Il vérifie son micro, lance un clin d’œil à la foule.
Cris aigus de filles et d'ados hystériques.
Niklas Zerkis
Elfe guitariste solo, choriste, violoniste, claviste.
Il fait courir son archet sur les cordes : une harmonie pure, presque sacrée, comme des nappes de synthé.
La foule rugit toute ensemble.
INT. LOGE DE MANICHAWA — NUIT
Une petite pièce à l'intérieur d'une caravane ronde, éclairée par des néons bleus.
Des costumes, des bijoux, des bouteilles d’eau, un miroir couvert de messages.
MANICHAWA, yeux bruns indiens, mais blonde et pâle, en tenue cyberpunk très robotique, est assise, jambes croisées, un joint de tempo entre les doigts.
Elle tire une dernière taffe, yeux mi-clos.
MANICHAWA
(à voix basse, sourire)
« Merci Ahmed… »
Elle rit.
Un rire léger, presque enfantin.
Sa tête tourne un peu.
Elle se lève, titube légèrement, attrape son oreillette de scène et la pose sur son oreille elfique, ajuste son bracelet lumineux. Elle passe en revue trois ou quatre robes bien alignées sur un valet dans un coin de la pièce.
INT. BACKSTAGE — CONTINU
Elle avance dans le couloir, les lumières pulsant au rythme de l’introduction musicale.
Les Chawa’s Seven jouent les premières mesures. La foule est en transe. Commlinks allumés partout pour immortaliser l'instant.
Musique: Memories de The MIDNIGHT (dans une version modernisée par Manichawa)
La scène tremble. Chaque musicien entre dans la mélodie, l'un après l'autre.
Le dragon‑stade semble respirer.
MANICHAWA (V.O.)
Je suis une star de la B‑Synthé Pop.
Mille voix, mille visages.
Je cajole par l'art, je protège par des sourires, mais je ne prends pas soin de moi.
Je sais que ce soir, je sers d'appât.
Mais je m'en sortirai."
Elle rit encore, nerveusement.
Elle arrive derrière le rideau.
La foule hurle son nom. "CHAWA! CHAWA!"
EXT. SCÈNE — NUIT
Les projecteurs s’allument.
Manichawa entre.
Elle titube légèrement, mais son sourire est immense.
Rayonnante.
Magnétique.
Elle ajuste son pied de micro.
Pose une main sur son ventre et danse langoureusement.
Sa voix tremble au début.
Puis elle chante.
Une version modernisée, plus lente, plus féminine, plus fragile.
Sa voix flotte au-dessus du stade comme une prière.
La foule se tait.
Hypnotisée.
VOIX-OFF DE MANICHAWA (V.O.)
On dit que certaines voix peuvent changer le monde.
Je ne sais pas si c’est vrai.
Mais je sais que ce soir…
quelque chose m’attend.
Quelque chose qui dépasse ma musique.
Quelque chose qui ressemble à une destinée.
Elle ferme les yeux.
La lumière bleue l’enveloppe.
La caméra s’élève lentement au-dessus d’elle.
Long fondu au noir.
SCENE 23: INT. OISEAU DE PARADIS — PASSERELLE DE PILOTAGE — NUIT
Silence.
Une lumière bleutée.
La Terre tourne lentement derrière les vitres panoramiques.
Il est 02:30.
La caméra avance lentement dans la passerelle. On entend des ronflements.
Des officiers navigants dorment, affalés sur leurs consoles.
Des gobelets de café vides traînent à côté de leurs visages.
Un gros plan sur une main féminine.
Une petite fiole renversée, encore entre les doigts.
Une dernière goutte d’un liquide translucide tombe.
La main lâche la fiole.
Elle tombe dans une poubelle.
La caméra remonte.
CATELUNA NAVAJO, alias GENESYS DA SILVA, uniforme d’officier navigante, barrette velcro sur la poitrine.
Son visage est calme.
Trop calme.
Elle vérifie les écrans tactiles de son poste moteur.
Tout est vert.
Aucune alerte.
GENESYS
(chantonnant doucement)
« Ground control to Major Tom… »
Elle sourit.
Un sourire minuscule, presque tendre.
Elle touche son oreillette.
GENESYS
(à voix basse)
« Kim, c’est bon ?
Tu as désactivé les enregistrements des communications
et le registre des commandes ? »
Un souffle.
Puis une voix féminine, lointaine.
KIM (COMLINK)
« Oui.
C’est bon pour moi, Genesys. »
Genesys inspire profondément.
Elle ferme les yeux une seconde.
Puis elle appuie sur un bouton.
Silence.
La caméra filme d'en-haut la fiole au fond de la poubelle.
Puis elle recule lentement, révélant :
- Genesys qui pianote sur son pupitre de commande
- Les écrans qui clignotent en orange
- les officiers endormis,
- la passerelle de commande tout entière derrière la vitre panoramique (où la Terre se reflète)
- et l’immensité du vide.
La musique monte.
Un grondement sourd.
Une vibration.
MANICHAWA (V.O.)
« Et c’est ainsi que tout a commencé.
Pas avec un cri.
Pas avec une explosion.
Mais avec une goutte.
Une seule.
La dernière. »
La lumière clignote.
Cut to black.
GENERIQUE DE FIN accompagné par la musique de The Midnight.
Manichawa: Tripti Dimri
Kaya KEENE: Itziar Ituño
Genesys DA SILVA : Ursula Corbero
Valandir BRULESONGE: Pierre Niney
Takkeshi KATAUENDO dit "Tak": Pio Marmaï
Kim SAVAGE: Anya Chalotra
Suliman VEGA: Mads Mikkelsen
James OKONKWO: Chiwetel Eljofor
Code Vandal : Mark Strong
Toshiro MITSUHAMA: Kenji Oba
Daichi SATO-Kai: Fumiya Takahashi
Présidente THREEHOUSE: Caroline Proust
Aurelius "Silvermoon" TARRAF: Peter Dinklage allons-y soyons fous...
Vikram CHANDRAWATI: Oscar Isaac
Arthur PESQUET: Nicolas Rihouey

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